Les chroniques sexo d'Ovade

Rugby de filles #ToutesProfessionnelles

Auteur/autrice : Ovade

  • WXV S01E03 – Animal triste

    WXV S01E03 – Animal triste

    Moi, quand n’est pas venu le plaisir que j’attendais

    Animal triste (ça te donne envie de lire, hein !). C’est un peu le sentiment qui m’habite après ce troisième round du World XV Global Series. De belles choses, de la fougue, une révélation, une pointe de bonheur, qui reste inachevé, de la frustration… La majorité des filles ont déjà connu cela. La montée du plaisir, l’espoir d’être submergée, et en pleine course, une interruption brutale et définitive, sans avoir réellement aperçu cette lueur dorée espérée. Animal triste. Ça ne m’était encore jamais arrivé avec les filles. Je ne dis pas ça pour minimiser la franche victoire des bleues. Je le dis pour la qualité proposée. Que ce soit par les toutes noires, par les toutes blanches, par les toutes rouges ou par les presque toutes bleues… peut-être est-ce parce que les toutes rouges avaient abandonné leur couleur pour une tenue tout en grisaille. C’était peut-être ça, le signe avant-coureur de cet inaboutissement.

    Mais commençons par le premier match de ce samedi. Et commençons par les bourdes de ma dernière chronique. Le rendez-vous n’était point à 14h. 2 heures de plus à attendre. Je pourrais blâmer mon VPN qui m’avait positionné quelque part entre Reykjavik et Conakry, mais non, j’avais tout dans mes notes… Et comment ai-je pu mettre Maud Muir en face de DaLeaka Menin, c’est Hannah Botterman la gauchère ! Honte à moi ! Ovale Masqué, je ne suis pas digne !

    La battle a commencé

    Premier match qui opposait les Anglaises aux Néo-Zélandaises. Red Roses contre Black Ferns, pour me la jouer initiée. Le ton a tout de suite été donné. Ellie Kildunne qui dévisse un dégagement sans pression pour gagner environs 50 cm. Et Sylvia Brunt qui échappe son premier ballon, avant tous les autres. Après l’orgie d’orgasmes de la semaine dernière, chaque action est une interruption de plaisir. Les toutes noires, pourtant maîtresses es technique de leurs mains, accumulent les erreurs. Jusqu’à cette faute grossière d’Ayesha Leti-I’iga à la 5ème minutes qui oublie de relâcher le ballon avant de se relever. Clara Munarini, encore impeccable au sifflet, ne s’est pas laissé prendre. Essai refusé.

    Heureusement, Zoe Harrison ! Il n’est pas possible de s’ennuyer totalement en regardant un match où elle est alignée. Sa merveille de passe à la 13ème minute qui saute 1 Anglaise et 3 Néo-Zéd, en un seul geste… et offre un essai à Claudia Moloney-Macdonald, par l’intermédiaire d’Ellie Kildunne. Peut-être est-ce le moment de démarrer ma rengaine de chroniqueuse (tu verras plus loin), le match de la semaine précédente à visiblement laisser des traces. On ne produit pas ce niveau génialissime de rugby sans avoir quelques difficultés la semaine suivante. Les Anglaises ont de la profondeur et ont laisser sur le banc Hannah Botterman (la gauchère) et Maud Muir (la droitière, je me le répète pour ne plus oublier), ainsi qu’Abi Burton. De quoi prévoir un second acte musclé.

    Et cet essai d’Amy du Plessis à la 24ème minute ! Peut-être y avait-il à regarder pourquoi Lucy Packer chute en démarrant sa course après son dégagement, mais la justesse du coup de pied d’Amy du Plessis ! Et sa course dans un troisième rideau désert ! 50 m pour battre les plus rapides.

    La minute étonnante : il paraît qu’elle vient du même bled que Bakkies Botha, étonnant non ?

    Les toutes noires pourront s’en vouloir d’avoir gâché. Les fautes techniques s’accumulent en première mi-temps, avec en point d’orgue cette « passe » au pied de Maia Joseph pour faire mourir le ballon, alors qu’il ne demandait qu’à vivre un peu plus avec un trois contre d’école 1 à négocier à 10 m de la ligne ! Braxton Sorensen-McGee et Mererangi Paul isolées sur l’aile droite (je crois que c’est à droite ? du côté de la droitière noire, donc, oui, à droite !). Heureusement, Ayesha Leti-I’iga s’est rattrapée en suivant la percée de son ouvreuse Hannah King. Heureusement Ellie Kildunne s’est remise dans le match en arrachant et en contournant Jess Breach pour une course, encore raide, de 20 m. Cette même Jess Breach qui marquera après un départ tout en puissance de la numéro 8 Maddie Feaunati. Après un carton à la droitière (oui, c’est bien la droitière…) Veisinia Mahutariki-Fakalelu, qui a éteint Packer d’un placage avec la tête. Packer qui était bien alignée d’entrée pour ce match contre la menace noire, avec ces 36 ans bien tassés. Et elle a bien plaqué jusqu’à sa sortie sur commotion. LA Packer pour ceux qui suivent, Lucy Packer restant sur le terrain en 9.

    Pour se rendre compte de l’importance de ce match, il faut voir Meg Jones hurler ! Placage offensif contre Georgia Ponsonby. Avancée de 5 m. Et Meg Jones qui hurle sa détermination au-dessus de la déploration de Georgia Ponsonby, pleurées par ses coéquipières. « Come again ! Come again ! Come again ! ». Détermination d’une joueuse, détermination d’une capitaine, détermination d’une équipe.

    Meg Jones, à elle toute seule, elle est capable de faire ça.

    Cela n’empêchera pas les toutes noires de revenir encore, et encore, et encore, jusqu’à réussir l’égalisation 19-19 à la 70ème minute. Deuxième match nul pour les Anglaises au bout du sifflet de Lara Munarini, elles ne gagnent plus. Sifflet suspendu encore un instant, aucune des 2 équipes ne voulant se satisfaire de ce score. Pas comme la semaine dernière.

    Heureusement, Zoe Harrison ! Encore ! 80ème, une pénalité ratée de 42 m dans l’axe suivie d’une interception lumineuse sur la relance enclenchée par les toutes noires. Vision du jeu, résistante à toute sorte de pression, comment perdre un match quand Zoe Harrison joue avec toi ? N’est qu’à la regarder pour se dire que la victoire est toujours possible ! 26-19 pour les Anglaises. Les toutes blanches restent invaincues depuis 41 matchs.

    J’adore quand un plan se déroule sans accroc !

    A peine le temps de profiter de ce dernier moment, bonheur qui tend la main, qu’il faut l’abréger fissa et passer sur France 2 pour le match tant attendu des presque toutes bleues contre les grisâtres. J’avais tant espéré voir le match de cette première partie du World XV Global Series. Tant espérer voir le Canada démontré sa progression et la validation de son choix d’envoyer ses filles se professionnaliser et se coltiner aux meilleures. Las ! Désespoir ! Animal triste ! Ce n’était qu’une pale équipe canadienne. Soit, et tu fais le lien, toi qui n’as pas encore décroché de la lecture de cette chronique, avec la mention plus haut, elles ne sont pas encore capables d’enchaîner après un match tel que celui livré contre les toutes blanches. Soit, l’absence de leur phare, l’absence de leur tour, l’absence de leur statue de la liberté, l’absence de leur capitaine, l’absence de celle qui ne renonce jamais, l’absence de Sophie de Goede. Kevin Rouet a fait tourner son effectif. Son objectif reste une victoire contre les Anglaises et la place de numéro 1. Le match contre la France ne fait pas partie de ses objectifs ?

    Tord lui en a pris. Ou choix qui a fait du mal à son équipe ? (Contrepèterie ?). Si comme les Anglaises dans le match précédent, les Canadiennes démarrent mal la rencontre, elles n’arriveront jamais à vraiment rentrer dedans. Accumulant les mauvais choix, même de la part d’une Liv Apps qui semblait empruntée et hors de forme. Après avoir ébloui la série de tests, avec deux joueuses nommées comme « électriques », pour faire écho au sponsor Mitsubishi Electric, DaLeaka Menin ayant succéder à cette même Liv Apps, cette troisième semaine se fera sans elles au tableau d’honneur. Alex Tessier a tenté de porter son équipe, mais sans Sophie… Pour tromper l’adversaire, la 4 en gris arborait la même coupe de cheveux que Sophie, mais personne ne s’est laissé prendre, même moi je ne voulais pas croire qu’elle soit devenue si terne en seulement 1 semaine. Il m’a fallu attendre le remplacement de Rachel Smith par Gabi Senft pour en être tout à fait persuadée.

    Rachel Smith. Il n’y aurait que la nuit du rugby pour dire que c’est Sophie de Goede !

    Si les toutes rouges n’avaient plus rien de rougeoyant, les Bleues ont su mettre les ingrédients pour les garder au fond du seau. La semaine à travailler les placages a porté ses fruits. Gabi Vernier a donné le la et l’équipe était au diapason. Même Teani Feleu a été plus à l’aise au placage qu’en attaque. Et puis, quand il y a une Mouna Touré dans l’équipe… ! c’est toute de suite plus simple, même si en face, il manquait la capitaine de touche (Sophie fait également ça, comme Bo Jackson en son temps, Phie knows). Et avant de rentrer plus dans le détail, quelques petites précisions pour le commentateur de la 2. Mouna est un prénom d’origine arabe qui signifie « désir » et « souhait ». Assia, d’origine arabe, signifie « celle qui soigne », celle qui sauva Moïse. Teani est « celle qui est aimée » ou « la chérie » en tahitien. Pamphinette, dérivé du Grec Pamphile, « l’amie de tous », prénom de son père et de l’hébraïque Jeannette, le « pardon de la déesse », prénom de sa mère (en vrai même au féminin, il parle toujours d’un dieu…)[1], et il faut bien les deux quand tu es victimes d’injures racistes dès ton plus jeune âge. Quant à DaLeaka, le mieux sera de demander à Mme Menin. Donc M. Lartot, un peu de préparation évitera une sortie embarrassante au moment de l’entrée des joueuses.

    Mouna Touré ! 6 contre en touche, si j’ai bien suivi le compte. Au grattage et au placage. Partout à la fois. Pour une première, ce fut une grande première. Un profil qui manquait dans le squad des Bleues. Un test contre les toutes noires et leur jeu également très physique permettra de finir son évaluation. Contre les Canadiennes, elle fut très au-dessus du niveau. Et l’énergie des Pauline Bourdon-Sansus, Carla Arbez, Emilie Boulard et autre Axelle Berthoumieu, rechargée depuis le début des tests, a été communicative pour renverser les Canadiennes. Même Marie Ibañez, annoncé à grand renfort de clairons toute la semaine et de rappel à « la fille de… », même Marie Ibañez a réussi à bien courir et à faire un placage qui fut seulement haut, sans la tête, première réussie peut-on lire, pas nepo baby donc.

    La jeunesse triomphante, une révélation et une bonne rentrée

    Les barbelés français ont résisté, la porte de Menin ne s’est jamais ouverte cette fois. Seule Lizzie Gibson trouva la faille derrière un maul conquérant, seule arme vraiment efficace des Canadiennes samedi, uniquement quand elles ne perdaient pas la balle ou ne se faisaient pas contrer par Mouna Touré ! Les Bleues en revanche sont passées 3 fois. Emilie Boulard au milieu du premier acte et au début du second. Par une porte ouverte par Annaëlle Deshayes de manière presque légale, mais l’arbitre, Maggie Cogger-Orr, a également raison, moins pertinente que Holly Wood ou Clara Munarini, comme son manque de discernement sur le carton jaune contre Charity William en première mi-temps, elle était bien la première à contester et avait fait l’effort clair de relâcher après le placage. Ni son TMO qui a oublié un contact gris avec la zone des yeux bleus dans un maul. Vogo avait-il abaissé le niveau de vigilance ? Et une troisième fois par Alexandra Chambon, après s’être trompé de sens sur la mêlée tournée et revenue du bon côté au milieu de Canadiennes impotentes, laissant un boulevard.

    Encore un match à l’énergie pour les Bleues qui vont pouvoir souffler une semaine avant de s’envoler de l’autre côté du globe. Ce fut encore brouillon, avec un peu de construction sur les essais d’Emilie Boulard. Pour le reste, la défense canadienne a également tenu, même quand Léa Murrie a ressorti son skate, qu’elle a encore réussi à rentrer sur la pelouse. Devant, Yllana Brosseau était là, elle a tenu en mêlée, mais sans peser sur le jeu. Elisa Riffoneau et Assia Khalfaoui s’y sont filées, tant en phase de conquête, qu’en défense ou en attaque. La deuxième ligne à peser cette fois, Charlotte Escudero fait plus que dépanner à ce poste et Julia Grozs continue sa progression au niveau internationale. En troisième ligne, Mouna Touré ! Léa Champon est également montée d’un niveau. Axelle Berthoumieu ayant retrouvé du souffle. Mais c’est au centre que la bataille s’est gagnée. Et la science de Gabrielle Vernier a été déterminante, entraînant dans son sillage une Teani Feleu qui s’est éclatée dans son rôle de plaqueuse.

    Enfin la voici, celle que tu es venue chercher, la compo concoctée par F. Ratier

    A noté les entrées en jeu de quelques nouvelles qui ont apporté le peps qu’il fallait pour terminer le match sur le même rythme. Amalia Bazola Allières, Lou Roboam et Elsa Peyras ont eu un peu de temps et d’espace pour s’exprimer. Mathilde Lazarko a retrouvé quelques lancers, comme pour fêter en avance son titre de meilleure joueuse 2025-2026. Et finalement, Elodie Fernandez a pu faire également ses débuts. Et pour la femme terrain de la 2, Ines Hirigoyen, Elodie Fernandez n’a pas encore joué avec le Stade Toulousain, même la nuit du rugby le savait, elle n’est ainsi pas habituellement positionnée à l’ouverture avec le Stade, elle vient de quitter Romagnat où elle jouait centre et a fait presque toute la saison dernière en dépannant à l’ouverture pour remplacer Lina Tuy qui réparait ses croisés. Je n’y connais rien au rugby, et encore moins au rugby féminin, peut-être que le professionnalisme n’est pas un gage de réussite à tous les coups.

    Ça me fera ma transition, la preuve par 3 qui se pointait à l’horizon n’est pas arrivée. Comme quoi, peut-être que le professionnalisme ne sert à rien pour gagner 1 match… Sauf que Matthieu Lartot a fait un petit couplet sur le besoin de faire progresser le championnat pour avoir des oppositions au niveau de ce que demande les matchs internationaux. Merci pour elles. Sans me contorsionner outre-mesure, j’arrive à reprendre l’argument pour dire que les Canadiennes ne sont que la première nation amatrice, elles ne sont pas pro, même pas en équipe nationale. Cela se sent quand il faut enchaîner les matchs de hauts niveaux. Après le jeu au pied noté la semaine dernière, Kevin Rouet aura noté sur ses tablettes que pour progresser encore, il faut plus de joueuses capables d’enchaîner.

    La prochaine fois promis, j’ouvre les yeux pour savourer.

    Dans l’équipe qu’il avait préparée pour affronter celle de son ancien mentor, il manquait du monde à l’arrière. Asia Hogan-Rochester forfait avant la rencontre, après le forfait pour toute la première phase de la série d’Alysha Corrigan, cela fait beaucoup… Et il en manquait également beaucoup du côté des Françaises, à l’avant comme à l’arrière… Alors, encore une fois, TOUTES PROFESSIONNELLES est la conclusion qui s’impose. Et ce n’est pas avec son rire d’enfant découvrant son nouveau jouet que mon petit Grillounet me rassure sur le fait que les actions sont en cours pour y arriver. Les filles du foot viennent tout juste d’obtenir leur statut professionnel de haute lutte et après être passé par un investisseur individuel pour construire 1 club qui domine en France et dominait en Europe. Et peut-être un second investisseur pour un autre club afin d’avoir la figure du second éternel. Les filles du rugby doivent également obtenir leur statut pro, sans passer par un seul club qui surclasse tous les autres et qui ne progresse pas avec une opposition de niveau décalé en championnat.

    Je te vois tiquer. D’abord par l’effort intense que la lecture de ma chronique t’a demandé pour arriver jusque-là. Oui, une semaine de pause à venir, je ne compte plus les mots. Ensuite parce que tu me demandes : pourquoi parler autant des Anglaises ? Ma chronique deviendrait plus facile à lire sans leur faire la part belle. Je répondrais que je n’ai pas envie de faire dans le facile. Les filles du rugby ont un emploi du temps de Vestales toute l’année, minuté pour réussir à remplir leurs obligations professionnelles, en essayant de performer là aussi et réussir à aller à l’entraînement, avec mise en jambe aux aurores, muscu à midi et jeu à l’heure où tu te demandes si tu vas regarder Netflix ou Amazon. Rien n’est facile pour elles. Ensuite, par la mise en exergue que c’est vers les Anglaises qu’il faut regarder pour que les Françaises progressent vraiment et puissent enfin les battre. Qu’elles puissent enfin produire ce rugby d’esthète, si beau à regarder qu’il me donne encore des frissons dans le creux des reins. Et que je puisse lâcher tous ses mots inutiles pour les glorifier et chercher à mettre un peu plus d’or et d’encens, à ma manière pataude pleine de bravades, à la geste de ces héroïnes, héritières conscientes de celles venues avant elles, précurseuses volontaires de celles qui viendront après.

    Ressemblance ?

    « Pour moi, ce qui s’est passé là, c’est l’échec d’un système. Comment vous voulez qu’on fasse le poids face à des joueuses qui sont pros, alors que nous on n’est même pas payé. On s’entraîne jusqu’à pas d’heure le soir après avoir bossé toute la journée pour gagner notre vie. C’est un manque de considération totale de la fédé ! Et après vous attendez des résultats de nous ? C’est totalement hypocrite… Dans les médias, y’a un autre discours « oui le rugby féminin c’est l’avenir », mais factuellement, y’a rien et rien qui bouge, alors qu’est-ce qu’ils attendent pour nous donner notre statut de joueuses professionnelles ? ». 30 septembre 2006.

    « J’ai aussi envie de le [ce titre] partager avec toutes ces joueuses et femmes de notre championnat qui mènent des fois des doubles ou triples vies avec leur vie de famille, leur travail et leur dizaine d’entraînements par semaine ». 28 septembre 2026.

    20 ans et un écho qui continue de se propager d’une déclaration à l’autre, alors que les actions nécessaires auraient dû l’éteindre depuis longtemps. Bon, d’accord, la première est de Marinette Pichon et c’est du foot féminin dont elle parle, si on en croit le biopic de Virginie Verrier. Mais c’est la même situation que décrit encore Mathilde Lazarko en recevant son prix de meilleure joueuse du championnat Elite 1. Les filles du foot ont attendu encore 20 ans. Celles du rugby n’attendront pas autant. TOUTES PROFESSIONNELLES !

    L’histoire en marche…

    Pour terminer le bilan de ce week-end, sans te prendre plus d’énergie, les USA ont encore gagné, contre le Pays de Galles, 24-26. Et l’Irlande s’est difficilement débarrassée des Japonaises qui ont été redoutables sur ballon porté 31-24. Quant à l’Italie, elle s’est fait battre par l’Afrique du Sud 29-37 (ou 29-41 sur le site officiel de World Rugby). Et l’Ecosse a encore perdu, moins lourdement, 10-30, cette fois contre les Australiennes. Difficile de tirer un enseignement, si ce n’est que les nations amatrices du Sud ont dominé les nations amatrices du Nord.

    Et au mitan de cette série effrénée, je veux retenir la qualité des matchs, malgré mon sens esthétique heurté sur cette dernière journée. Le rugby féminin continue de progresser à vitesse grand V. Et pour éviter le crash, TOUTES PROFESSIONNELLES reste la seule solution qui s’impose. Hâte de retrouver toutes les équipes dans 15 jours, sur les autres continents, même si le décalage horaire va mettre mes nuits dans un drôle d’état.

    Et la conclusion de cette conclusion, c’est qu’avec des victoires comme ça de la part des presque toutes bleues, ça veut dire plus de spectateurs pour les filles. Et avec le spectacle des matchs des Anglaises, et de ceux des Canadiennes quand elles sont d’aplombs, et avec ce type de séries, c’est tout le rugby féminin qui se met encore plus en lumière et attire encore plus de monde à le suivre. Reste à convaincre la radio publique française d’en parler, ne serait-ce que dans les résultats sportifs. Et tout ça, finalement, ça ne fait rien qu’à m’exciter ! Vite, la suite !


    [1] https://aedelhard.com/blogs/blog/a-deep-dive-into-a-multifaceted-superstar-pam-buisa

  • WXV S01E02 – Un été indien

    WXV S01E02 – Un été indien

    Quand les terrains sont aux couleurs de cette saison qui n’existent que dans le Nord de l’Amérique

    Un nouveau round du World XV Global Series terminé, et je sens encore tous ces fluides du plaisir couler avec délice du souvenir de toutes les images vues. Mes yeux sont encore embués de la joie et de toutes les émotions qui m’ont submergées samedi après-midi. Je croyais que je ne pourrais plus jamais retrouver ses sensations uniques. Je pensais les avoir perdues dans la deuxième partie des années 2010. La dernière fois que cela c’était produit, Adam Jones jouait encore avec la meilleure équipe d’Europe et les matchs Afrique du Sud – Nouvelle-Zélande étaient des sommets dans cet art martial qu’est le rugby, sport de combat collectif.

    C’était aussi intense que ça !

    Et c’est encore une équipe toute en rouge qui a déversé en moi une quantité de dopamine que mon âge me laissait à penser qu’elle m’était devenu interdite. Et que dire de cette équipe ! Les Dora Milaje ? Les Valkyries ? Les Agodji ? Même les Amazones de l’antiquité semblent manquer d’épaisseur pour être comparée à cette équipe des All Reds canadiennes. Bien sûr, pour atteindre ce niveau d’intensité hormonale, l’adversaire doit être à la hauteur. Et les All Whites de sa gracieuse majesté l’étaient parfaitement. Rares sont les matchs qui atteignent ce niveau d’intensité. Tant sur la qualité technique, que sur la puissance physique, que sur l’engagement. Tout était au rendez-vous pour un plaisir multi-orgasmique. J’ai en tête un Pays de Galles – Angleterre ou comme déjà cité, un Springboks – All Blacks masculins. Mais je crois que cet Angleterre – Canada par les filles du rugby les dépassent maintenant.

    Et aussi haletant que ça !

    Dire que le score de parité et les 4 essais à 4 donnerait un match nul ne serait pas rendre hommage à la grandeur de ce match et de son spectacle. Et finalement, tenter d’écrire un résumé serait vain et peinerait à retranscrire toutes les émotions de joies mystiques qu’il y avait à voir durant ces 80 minutes. Je commencerais par quelques images gravées par les deux immenses joueuses qui ont étalé toute leur classe sur ce match. Et à toute seigneure tout honneur.

    Moi, j’ai le soleil jour et nuit dans le jeu de Sophie, je réchauffe ma vie à son envie

    Sophie de Goede. Rien que le penser me donne encore des frissons. Dire que c’est la meilleure joueuse du monde est une erreur. Il faudrait dire que c’est la personne qui joue le mieux au rugby au monde, quel que soit le sexe, quel que soit le genre. Elle surclasse même un Pieter-Steph du Toit. Même un Richie McCaw des temps anciens. Qu’elle joue en huit avec les Sarries ou en 4 avec le Canada, elle amène le jeu de rugby à des niveaux jamais atteints. Repenser à son déboulé à la 58ème minutes, raffutant Helena Rowland, pourtant pas avare de placages saignants, raffutant Jess Breach, pourtant plus rapide sur le papier et ajustant une merveille de passe toute de lucidité à Liv Apps, toujours à suivre sa capitaine pour conclure ! … Comme elles l’avaient déjà fait en final du PWR en juin cette année, pour un essai finalement refusé pour en-avant de leur coéquipière en club, Jess Breach. Et sa colère toute en mesure, mais bien visible, de la décision du staff sur la dernière mêlée, de sortir le ballon en touche pour valider un match nul sans tenter d’aller chercher la victoire… Sophie da Goddess.

    Zoe Harrison ensuite. A l’image de tous les grandisses, elle sait être à son avantage sur tous les plans. Son animation parfaite. Son jeu au pied phénoménal. Son replacement idéal. Sa vision du jeu. Tout est au-delà des meilleurs de la planète rugby. Et elle ne s’efface pas au placage. Qu’elle puisse prétendre au titre de meilleure joueuse du monde ou à la meilleure personne qui joue au rugby sur la planète, ne fait pas de doute, si Sophie n’était pas là. Même si parfois, l’alternance entre avant et trois-quarts devient une obligation pour délivrer le titre. Sa feinte de passe pour libérer l’espace et servir à gauche, d’une double de sautée de 15 mètres, un caviar à Claudia Moloney Macdonald qui n’a plus qu’à trottiner pour son premier essai validé de la journée… Ah ! j’en veux encore !

    Elle prenait un ballon et tout s’allumait, et c’était la fête, le 14 juillet 5 novembre

    Les commentateurs anglais n’en finissaient plus de lâcher des « Oh ! my gosh » à longueur d’antenne. Et même Danny Care, en homme-terrain, était tout excité du match auquel il assistait. A ces deux joueuses, il faudrait en ajouter tant. D’abord DaLeaka Menin : 80 minutes, 2 essais, tenue en mêlée contre Maud Muir et Lilli Yves Campion en 5, plaquant et courant sans arrêt. Décidément, les droitières me régalent. Sa collègue de première ligne Kiki Idowu, les mêmes 80 minutes, sans essais. Et Asia Hogan-Rochester ! Quel course ! 45 mètres à la 28ème, raffut main gauche sur Claudia Moloney Macdonald, main droite sur Zoe Harrison, et sprint final lâchant tout le monde. Las, un en-avant jugé par l’arbitre annule ce « glorious one » donné par le commentateur. L’arbitre a toujours raison, et Mme Clara Munarini a été plus qu’à la hauteur de ce match. Et Lizzie Gibson, avec sa coupe de Gibson façon l’arme fatale ! Je suis presque déçue de ne pas mettre Julia Omokuale dans la liste (en la citant quand même) tant elle a paru ordinaire dans ce match. Mais ordinaire dans ce match vaut extraordinaire aux yeux du monde et du rugby en général.

    Côté Anglaises, je vais citer Claudia Moloney Macdonald, au-delà de ces 3 essais, dont un refusé pour avoir échappé le ballon dans l’en-but, elle affichait sur ce match toute l’arrogance qu’on adore détester chez les Anglaises. Je mettrais également en avant Hannah Botterman. Simplement parce que c’est Hannah Botterman. J’ai cité Adam Jones juste parce que c’est lui, Hannah Botterman mérite le même respect et la même admiration indéfectible de ma part. Et puis Sadia Kabeya, habituelle co-capitaine, mais sur ce match, côté Anglaises, il n’y avait qu’une capitaine et c’était Meg Jones, qui a fait du Meg Jones, élevée au niveau de ce match. Pour Sadia Kabeya, sa charge dévastatrice a eu lieu à la 32ème, pour amener le second essai de Claudia Moloney Macdonald. Et avec sa classe sur le terrain, elle rend encore plus quelconque ces sacs à dos de toutes les madame-tout-le-monde qui pensent pourtant se démarquer avec leur Cabaia. Kabeya, ça c’est le must pour se démarquer vraiment ! Et Bryony Field ! avec ses airs de Rachel Weisz, qui fête sa deuxième sélection par un deuxième essai, même si c’est tirée par les cheveux, par Abi Burton, qu’elle est restée liée au maul pour aller aplatir.

    J’ai attendu, attendu, la victoire n’est jamais venue, zaï-zaï-zaï-zaï

    Toutes ont mon plus profond respect pour ce match dont les souvenirs viennent déjà d’orner ma bibliothèque toute personnelle des meilleurs moments de rugby. Les Canadiennes continuent de progresser, donc. Le piratage du championnat professionnel anglais porte ses fruits. Elles ont su s’adapter, suivi en cela par leur entraîneur, qui, quand il n’est pas en sélection, entraine les avants des Sarries. Comme quoi, avoir des joueuses professionnelles qui peuvent développer leur rugby est un truc qui pourrait inspirer certaines autres nations. Se confronter tous les week-ends aux meilleures joueuses fait vraiment progresser. Les Néo-Zélandaises et les Australiennes l’ont compris. Finalement, la seule chose qui manque encore dans le jeu des Canadiennes, c’est la longueur au pied. Elles sont restées bloquées dans leur camp une bonne partie de la seconde période par manque de cette arme-là. Si elles arrivent à combler ce retard, elles pourront faire plier les Anglaises. Et passer de l’arrêt de la série de victoires à leur infliger une défaite. Alexandra Tessier, Claire Gallagher et Taylor Perry savent ce qu’elles doivent travailler. Liv Apps également.

    Pas eu le temps de préliminaires dans cette deuxième journée, que nous étions déjà entrées profondément dans le vif, dès le début. Et la suite ! De la déroute grand-guignolesque à un sauvetage qui a cramé plus qu’un bus de la ville d’Aix en Provence… la France s’est fait peur ! 6 Cartons au total et ce n’était même pas un derby de fédérale. Dont 4 en 6 minutes contre la France, avec un rouge bunker et un rouge direct. Presque 5 minutes à 11 contre 15 Australiennes qui ont su les mettre à profit avec 2 essais inscrits. Sorties du match, déjà fatiguées ou plus simplement mal organisées en défense, l’emballement par la charnière des Françaises revenues à 13 contre 15, les a mis à mal et permit aux Bleues de limiter le casse avec seulement un 12-19 affiché à la mi-temps. Puis elles ont su aller chercher la victoire après un 12-26 en revenant au jeu. Avec un score final de 29 à 26 inespéré, pour trois nouveaux essais.

    Comment j’éviterais la démence, dans un monde sans toi, je deviendrais gaga

    Que dire, donc, de ce fiasco complet. L’Australie n’est que la 9ème nation mondiale, même si elle est troisième en comptant les nations avancées dans la professionnalisation de leur championnat, elle reste loin de la France (pas uniquement par la distance, tu l’as compris). Pour revenir sur la déclaration précédente de F. Ratier (revoir le premier épisode ici), les Australiennes sont vraiment en train de progresser sur cette série de match, rencontrant les Anglaises et les Françaises avant de défier 3 fois les Ecossaises, 1 fois en Ecosse et 2 fois en Australie. De quoi les faire progresser rapidement. Quant aux progrès attendus chez nous, ils sont plutôt du côté de ce système d’arbitrage vidéo qui n’a plus besoin des ralentis complices ou omis par les réalisations locales. Le TMO a toutes les images en direct, et peut les repasser sans avoir besoin de demander à la réalisation. La France a prouvé que sa technologie d’assistance à l’arbitrage vidéo signée Vogo était une vraie victoire pour la santé des joueuses, et des joueurs. Cocorico !

    Pour le jeu, même Assia Khalfaoui a eu du mal. Les entrées en jeu De Mailys Mailagi d’abord et de Mouna Touré ensuite ont permis de retrouver de la structure et de l’allant. Mailys Mailagi devant entrée au talon, elle pris finalement place en troisième ligne, toujours la formation XV-XIII, serrant les dents pour terminer la rencontre, n’ayant plus personne sur le banc pour la remplacer. Mouna Touré grattant le ballon de la gagne avec l’essai de Teani Feleu dans la foulée. Seule Elodie Fernandez n’est pas rentrée en match, Gabi Vernier et cette même Tenai Feleu ayant fait le taf pour gagner à la fin.

    Donc que dire, si ce n’est comme l’a dit Gabrielle Vernier que nous avons fait un très mauvais match et qu’il y a beaucoup de choses à revoir. Après la touche travaillée à l’entraînement toute la semaine passée, les séances de placage vont être nombreuses cette semaine. Presque une reprise à zéro pour revenir à des standards internationaux. Jouer dans un championnat sans arbitrage vidéo, ou très épisodiquement quand une retransmission est accordée aux joueuses de l’élite 1 Axa, n’est peut-être pas la meilleure préparation pour les bonnes attitudes. Indispensables devant les progrès de l’arbitrage vidéo et la qualité des arbitres féminines, Holly Wood également parfaite dans son rôle, malgré la bronca injustifiée du publique, sauf si elle était tournée contre les joueuses en bleues. Est à espérer que Marie Ibanez a suivi le même entraînements aux placages, le dernier qu’elle a réalisé en final en juin résonne encore sans doute dans la tête de Salomé Pérraudin.

    Il s’est professionnalisé sans nous, l’or pleuvra toujours sur Londres, on va rien gagner du tout

    Pas grand-chose à garder de ce match. Certains voudraient que l’état d’esprit soit l’acte fondateur de l’équipe de la prochaine coupe du monde, en 2029. Mais, peut-on se réjouir d’une équipe à réaction qui doit sa survie à l’héroïsme de quelques-unes. Sans compter qu’il traine une odeur de Pyrrhus dans l’air chargé de caoutchouc et plastique brulé du Stade Maurice David. La victoire permet de mieux récupérer. Mais, comment se remettre la tête à l’endroit et le corps en état en une semaine avant d’affronter les toutes-rouges qui viennent de mettre fin à la plus grande série de victoire qu’une équipe n’avait jamais réalisée, en matant pour la première fois depuis longtemps des Anglaises qui marchaient sur la planète rugby jusque-là. Si les mines frustrées des Canadiennes annoncent quelque chose, c’est qu’elles sont déjà reparties pour continuer leur progression et venir nous corriger à la Rochelle.

    En attendant une peut-être preuve par 3, avec ce deuxième épisode, la preuve par 2 est faite que « TOUTES PROFESSIONNELLES ! » est la condition nécessaire. Je n’ose imaginer qu’1 seule victoire au compteur sur les 6 matchs de la série nous donne tous les enseignements pour mieux travailler lors des prochains rassemblements de l’équipe de France. Pas avec un championnat aussi déséquilibré et où seules les équipes de bas de tableau peuvent vraiment progresser suivant l’adage de F Ratier.

    En attendant, la compo.

    Et pour finir le week-end, les Néo-Zélandaises sont allées planter leurs dix essais en terre d’Ecosse. Elles sont fin prêtes pour LE match qu’elles ont côché pour cette série, celui de samedi prochain, 14h00. Sale le temps pour la sieste. Elles retrouveront enfin les Anglaises pour les faire basculer, peut-être de la fin d’une série de victoire à une première défaite. Le match promet encore un fois d’être mémorable. Je ne sais pas si mon corps va tenir avec toute cette débauche ? Et d’enchaîner ensuite sur des matchs en pleine nuit. J’ai le devoir de prévenir les voisins que je vais encore beaucoup crier de plaisir, et à des heures où ils tenteront vraisemblablement de dormir, à moins que je n’aie réussi d’ici-là à les convaincre de regarder également.

    Il faut dire qu’elles vont vraiment mettre du croustillant et distribuer des petits pains au chocolat

    A noter dans les résultats de ce second épisode que les Etats-Unis d’Amérique ont battu les Irlandaises qui se sont bouffées le match avec 3 essais encaissées en infériorité numérique. Score final 36-40, après que les filles en vert aient mené 31 à 12 jusqu’à la 52ème minutes. Il se passe toujours quelques choses dans ce World XV Global Series.

  • WXV S01E01 – Un nouvel espoir

    WXV S01E01 – Un nouvel espoir

    Le début d’une saga de 18 épisodes – épisode 1 à 6 cette année.

    Le premier round du World XV Global Series s’est achevé. Et le frisson continue de secouer mon corps du plaisir que seules les filles savent me procurer. L’extase était au rendez-vous. D’abord, de jouir sans entrave avec tous ses matchs proposés. Et de la frustration qui l’accompagne de ne pouvoir tous les regarder. Compétition à XV qui enchaîne les rencontres comme une compétition à 7. Frustration de ne pouvoir profiter des célébrations et interviews d’après match qu’il faut déjà foncer pour ne pas rater le match suivant. S’il y a une amélioration à faire dans ce plan rebelle, pour optimiser les revenus de la diffusion, ce serait bien celle d’espacer les duels pour installer les annonceurs avant et après. La frustration, à dose homéopathique, aide à une certaine augmentation du plaisir quand il se libère enfin. Et, même si beaucoup de déchets émaillaient le jeu de chaque équipe, les envolées et les fulgurances n’en étaient que meilleures. Oh ! oui, vraiment meilleure… mais je prendrais moi aussi le temps de faire monter ton plaisir, toi happy few qui me lit.

    Démarrage sur les zones sensibles avec un Angleterre – Australie qui ne laissait présager aucune grande surprise. Pas comme celle d’un pack australien enfonçant les Anglaises jusque dans leur en-but. Pas comme celle d’Anglaises ratant autant de passes et se faisant autant pénaliser. Pas comme celle d’Anglaises menées à la mi-temps. Pas comme celle d’une combinaison en touche qui amena le deuxième essaie des Australiennes. Malgré toutes ses surprises, il ne fallut pas plus de 27 minutes au début du deuxième acte pour rappeler qui étaient les patronnes. 6 essais avec toute la panoplie du jeu des Red Roses. 48-15. Score final. Pas de réalité parallèle, donc. Meg Jones ressort avec un bel œuf de pigeon sous l’œil gauche, marque d’un combat intense et de plusieurs coups qui ont porté. Les Australiennes progressent. Troisième nation mondiale, parmi les trois nations professionnelles. Ou les trois les plus avancées dans la professionnalisation pour être plus exacte. Au vu du match, la puissance physique des Wallaroos ne sera pas un cadeau pour les Françaises avant d’affronter les Canadiennes, surtout pas après avoir taper contre les murs blacks pendant 80 minutes.

    Parce que je n’ai pas les GIF d’Ovale Masquée et donc, pas l’entrée de Packer sur le terrain

    Justement ! … non, patiente encore un peu et laisse monter le doux plaisir des préliminaires avant d’obtenir ce que tu es venue chercher. Suite en zones érogènes avec les Canadiennes, deuxième à entrer en lice. La première nation mondiale parmi les nations amatrices. Contre les Ecossaises, cinquième dans les rangs des amatrices. Si proche, si loin. 4 rangs d’écart et pourtant tout un monde. Même avec super Sophie de Goede sur le banc. En raison d’une préparation raccourcie du fait de ses études. Amatrice, je vous dis ! Aucune surprise. 5 essais au premier acte. 5 essais au deuxième. 4 concédés aux Ecossaises. Et une discipline à revoir, avec 1 jaune et 1 rouge en trois minutes. 26 – 64. Score sans appel. Et la reine des pirates, Liv Apps, élue joueuse électrique de la semaine. Echauffement avant de retrouver les Anglaises la semaine prochaine. Premier set d’une partie qui se jouera en 4 manches. Est-ce que ça se voit que je salive comme une grosse affamée ?

    Les Canadiennes ont joué en infériorité numérique, comme l’atteste parfaitement cette image

    Et maintenant… oui, tu as mérité de passer aux choses sérieuses. Après toute cette longue attente, tu mérites ta récompense : quelques mots sur la rencontre qui a opposé le XV de France aux Black Ferns… Mais commençons par la composition du XV de France aligné par F. Ratier.

    Ovale Masqué, je mérite pas, tu restes le meilleur à cet exercice…

    Commencer par dire que la Nouvelle-Zélande a gagné n’enlèvera rien au plaisir. 14 à 28. 2 essais à 4. Dire que nous en sommes déjà arrivés aux défaites encourageantes chez les filles, à 3 ans de la coupe du monde, c’est carrément le tue-l’amour par excellence. Je le garde pour la fin, quand nous aurons bien joui ensemble de la rencontre en elle-même.

    Un match contre le pays au long nuage blanc © (cela me fait gagner des points à chaque fois que j’utilise une périphrase pour tenter de ne pas répéter trop souvent qu’elles ont vraiment été trop fortes pour nous !), donc un match contre ce pays commence toujours par un Haka. Celui des filles, tout en chorégraphie balinaise, avec petits pas et déhanchés mesurés, laisse à voir toute la détermination sur les visages et sur le bout des langues tirées. Déstabilisation ultime de regarder la petite danse gentille et de tomber sur les regards de sociopathes prêtes à t’écorcher vives par petits morceaux et de te laisser sécher des heures au soleil… Soleil qu’elles ont choisi d’avoir avec elles, nous laissant le coup d’envoi et l’aveuglement assuré sur chaque « kickin guème » cher à Fab Gal.

    Arbez tape la première pour lancer le combat. Et, comment dire… il y a vite comme un mur en face de chaque Française. Même Teani Feleu n’arrive pas à avancer. Même Ambre Mwayembe n’arrive pas à avancer. Heureusement, pour laisser planer un semblant de suspens, les filles en noir échappent le ballon pour que nous tentions un jeu dans le désordre de dépossession ©. Mais il n’est pas à notre portée. L’énergie dépensée et les impacts subis en défense laisseront des traces dans des organismes qui vont se dérégler au fil du match. Il ne faudrait pas passer sous silence les grattages héroïques des septistes, même pour celle découvrant le quinze au niveau international.

    La seule arrivant réellement à rivaliser dans le combat et dans le jeu porte le numéro 3 dans le dos. Assia Khalfaoui arrive à être partout, en mêlée, au plaquage, à l’arrachage (sur Liana Mikaele-Tu’u !), à la relance, à la passe après contact, et même à la traduction entre l’arbitre et sa capitaine, … il paraît qu’elle a même recalibré les antennes de diffusion et fait le montage du résumé pour World Rugby, il paraît. Et tout ça, sans être jamais décoiffée et donnant l’impression de pouvoir le faire toute la journée ! Las, il n’y en avait qu’une sur le terrain et elle ne lançait pas en touche ni ne sautait pour attraper la balle. Joueuse du match, malgré les maîtresses Jedi en face.

    Vous parlez de moi ?

    Sa comparse Yliana Brosseau a tenté de l’imiter, mais sans succès. Autant dire que c’est la seule Bordelaise à avoir tenu la barre. Peut-être les autres étaient encore fatiguées d’avoir fêté le titre tout l’été. Mais les Néo-Zélandaises ont apporté la bise et … (il faudrait que je change de référence de temps en temps). Fatigue d’avoir arrosé le titre ou fatigue non encore éliminée d’avoir joué en pleine canicule et d’un été qui a mis les organismes des sportives à rude épreuve. Bref, pas assez d’armes dans l’équipe pour répondre aux coups à répétition d’une équipe qui n’en manque à aucun poste, même avec des remplaçantes habituelles et quelques jeunettes à 2 ou 3 sélections. Et aucun coup n’a été retenu.

    Je te vois froncer les sourcils et avoir envie de dire que la fatigue des joueuses est normale avec le calendrier INFERNAL de l’élite 1 Axa. Et je t’arrête tout de suite ! D’abord parce que les joueuses ont enchaîné 18 matchs en championnat et 5 durant le tournoi sur 11 mois, 47 semaines ! Ensuite, parce que de l’autre côté, elles sont 2 à avoir enchaîné après la coupe du monde une pige de 6 mois en PWR, leur championnat des villes et le Super Rugby Aupik des provinces, avec une « finale » contre les gagnantes du Super Rugby Women’s et pour continuer avec 2 matchs de « préparation » contre les équipes nationales d’Australie et d’Afrique du Sud. Et ce sont parmi celles qui nous ont fait le plus mal : Liana Mikaele-Tu’u, malgré le ballon arraché par Assia Khalfaoui et Georgia Ponsonby, qui n’a raté aucune touche et a fait à peu près tout ce que cette même Assia Khalfaoui a fait, sauf la traduction. Il faudrait ajouter Layla Sae, mais elle a pris 8 mois de repos sous prétexte d’un ligament qui aurait laché… Quant à Ruahei Demant, la quatrième, elle avait une légère !

    Donc, côté Françaises, si Assia Khalfaoui a été à la hauteur du combat proposé, Léa Champon a surnagé, prenant beaucoup plus la lumière que lors du dernier VI nations, Lili Dezou a montré que le 7 préparait très bien au XV. Et l’autre Léa, Murie, avait réussi à rentrer sur le terrain avec son skate pour déposer les blacks et faire marquer sa copine Pauline Bourdon-Sansus.

    Même comme ça, ça ne passe pas.

    Qui suis-je pour distribuer des bons et des mauvais points, je n’y connais rien au rugby. Mathilde Lazarko va bouffer du lancer en touche toute la semaine, sauf son épaule en vrac depuis le captain run (c’est pas ça qui va l’arrêter). La deuxième ligne, remplaçante comprise, ne peut pas masquer l’absence de Madoussou Fall-Raclot, même si celle-ci n’a pas (encore) le niveau pour rivaliser contre des équipes de ce calibre. Axelle Berthoumieux était à l’unisson des Bordelaises, Assia Khalfaoui exceptée. Charlotte Escudero n’a pas pesé sur la défense. Pauline Bourdon-Sansus, si elle avait bien toujours son combo du « je pique – je fonce » x « la pénible dont on ne se débarrasse pas », a semblé s’emmêler dans son anglais et son rôle de capitaine. Carla Arbez a surtout fait jouer Carla Arbez. Kelly Arbey était au grattage, pas à courir ballon en main. Et Chloé Jacquet a été stoppée à chaque ballon. Tout cela n’est que ma vision très subjective planquée derrière mon écran. No offense.

    La preuve que Jacquet a défendu

    Et surtout, cela n’enlève rien au plaisir d’avoir vu un match de rugby plein qui m’a toute chamboulée. Les courses de Mia Anderson ! 3 caps avant de démarrer la préparation, quel bonheur. Sa comparse Elinor-Plum King, moins en lumière. La deuxième ligne Maiakawanakaulani Roos – Laura Bayfield, dans l’ombre complète, sauf un protocole commotion, preuve de leur abattage ! La présence dans la mêlée et dans le jeu de Chryss Viliko et de Veisinia Mahutariki-Fakalelu… L’animation de Maia Joseph et de Hannah King ! La paire de centres Logo-I-Pulotu Lemapu-Atai’i Brunt, dit Sylvia Brunt, et Amy du Plessis !! Les ailes battantes de Justine McGregor et de Mererangi Paul !… Et la flèche noire Braxton Sorensen-McGee, qui n’a rien d’une bleue, malgré ses 9 sélections avant la rencontre contre l’Australie ! Rien que l’écrire me rend toute chose, ravivant une furieuse envie de recommencer… et le run de Léa Murie… et la furia de Lina Queyroi… je jouis encore de tous ces souvenirs.

    Mrs Anderson ! Never send a machine to do a human’s job.

    Et ce malgré, retour à l’incise, les déclarations d’après match sur la défaite encourageante et que plus on perd contre ce genre d’équipe et plus on se rapproche de la victoire. Théorème Shadoks ! A moins qu’il ne s’agisse encore d’une tactique de lièvre ? Pour Bordeaux, cela marche contre des équipes comme Toulon, Lyon ou Bobigny, sans leur manquer de respect. Mais l’ancien coach des Lionnes devrait s’actualiser, peu de chance que cela fonctionne contre des équipes plus fortes que nous. Si la première partie du raisonnement est vrai, nous apprenons et nous progressons de ce genre de rencontre, même avec une défaite. La seconde est en revanche tout à fait foireuse, nos adversaires aussi progressent, et plus vite encore avec une victoire.

    F. Ratier après le match

    Et puis, un petit tour sur le site de la FFR… Cela suffit à montrer que la France a réduit ses contrats fédéraux à 21. Sauf erreur. Il semblerait qu’une renégociation à la hausse des salaires ait été acceptée… avec la même enveloppe budgétaire, voire inférieure, et donc, hop ! de 41 à 21 joueuses. Mais je dois me tromper. La dette de la FFR et celle de la France ensemble ne peuvent se renflouer d’un si petit montant ! Et une nation qui fait jouer tambours et trompettes pour annoncer haut et fort qu’elle veut gagner la prochaine coupe du monde, celle de 2029, ne peut sortir du professionnalisme où elle s’était pourtant engagée en pionnière. Quand l’Angleterre continue de progresser dans cette voie avec un championnat professionnel ! Quand la Nouvelle-Zélande et l’Australie ont également pris ce virage en professionnalisant, en plus des internationales, les joueuses du Super Rugby Aupiki et Women’s ! Et nous ? Nous réduirions la voilure ? Peut-être est-ce la vraie lecture qu’il faut faire de l’air gêné de F. Ratier disant que c’est le premier match international depuis longtemps et qu’il ne peut/veut/faut pas en demander plus aux joueuses ! En attendant, les Canadiennes arrivent dans 2 semaines…

    Et malgré tous ces shoots d’hormones, et avec tous ces shoots d’hormones, d’avoir vu ces matchs, la même conclusion s’impose : « TOUTES PROFESSIONNELLES ! »

    Vivement le prochain épisode ! (message codé à destination des rebelles)

  • C’est la rentrée ! déjà…

    C’est la rentrée ! déjà…

    A la rentrée, tout est encore possible.

    Pour paraphraser, la vie c’est comme ces plateaux de tournage que je fréquentais, tu ne sais jamais sur quoi tu vas tomber. Bien sûr, tu connais le goût de l’ingrédient principal, mais tu tombes toujours sur des nouveaux emballages, et il y a toujours quelqu’un de plus malin que les autres pour tenter un truc nouveau. Des fois c’est bon. Même très bon. Mais des fois… ça pourrait presque te dégouter du plaisir simple.

    Pour paraphraser la paraphrase (je sais Ô toi qui me lis, j’utilise des mots très compliqués dès la rentrée), la vie c’est comme une saison de rugby, tu ne sais jamais comment ça va se passer. Tu as déjà une idée du principal : Bordeaux gagne à la fin et l’équipe d’Angleterre fait encore le grand chelem. Mais quelque chose au fond de toi espère un nouvel emballage, une petite nouveauté qui t’apporterait ce léger frisson de surprise. Tu as déjà oublié les désillusions des saisons passées, leur goût amer, tu te forces, tu arrives même à te convaincre que cette année ce sera vraiment bon et que tu pourras crier de plaisir. Tu as abandonné les garçons ? Tu te lances pour la nouvelle saison avec les filles ? Tu as fait le bon choix pour les surprises !

    Toi, devant certaines surprises

    Et tout commence par une bonne grosse nouveauté, en avant-goût de la saison domestique, une série de test-matchs dans un tout nouveau format. Les filles, elles, ont trouvé la parade aux séries de fin de saison faites avec l’arrière-ban pour cause d’épuisement des joueuses ou de blessures. Il suffit de jouer les matchs internationaux avant de démarrer le championnat ! C’est tellement simple qu’aucun garçon n’y avait encore pensé. Donc, début ce samedi 12 septembre. Le World XV ! J’ai eu beau chercher, il n’y a aucune compétition qui s’appelle le MXV. Il y a du Nation Championship, mais pas de Men XV. Donc, pas de Women XV, mais un World XV Global Series.

    Et cette petite nouveauté envoie du lourd, du début à la fin. Jusqu’à 6 matchs pour les nations du tiers 1. Et même 8 pour les stakhanovistes à la fougère, qui se sont rajoutées un petit passage par l’Australie et l’Afrique du Sud en amuses-bouches de leur banquet qui s’annonce [très] copieux. Elles vont arriver déjà bien en jambe !

    Programme complet pour les 4 premières nations mondiales. Lesquelles ? Indice : il n’y a pas l’Ecosse.

    4 Angleterre – Canada. 4 Nouvelle Zélande – France. Et quelques unions libres au milieu. Un film très long format avec un nombre de scènes à n’en plus finir ! De quoi se donner toute la nuit et toute la journée qui suit ! Sur le terrain comme devant l’écran, il faudra une bonne hygiène pour garder la distance sans caller en route, à cause d’un début de brûlure musculaire ou de muqueuses trop sèches. Et avoir une sacrée énergie !

    Les groupes ont tous été annoncés. Chaque pays a prévu un squad élargi à 36 joueuses, jusqu’à 39 pour les Françaises. Il va y avoir du turn avec des nouvelles têtes à voir sur le pré. Amarante Sititi et Elinor-Plum King ont déjà eu leur chance. Hayley Jones aura sa chance. Jemma Bemrose aura sa chance. Mouna Touré aura sa chance. Sarah-Maude Lachance aussi… avec sa 13ème cap. Il faudra bien deux équipes pour tenir la distance. Certaines trichent un peu, la FFR par exemple n’annonce que les 3 matchs en France. Se prépare-t-elle à envoyer une équipe bis aux antipodes (non, ce n’est pas là où les airpods sont interdits)  ? D’autres ont essayé, personne n’en est revenu grandi.

    Le même WXV vu par la FFR

    Et bien sûr, les Anglaises ne feront pas comme tout le monde… Elles arrivent avec un groupe comptant 1 234 sélections. Pour 36 joueuses… Oui, tu l’as ? 3 novices ! Nan, c’est pas ce que tu voulais ? La patronne est bien là avec ses 116 sélections, Packer va encore être pénible partout sur le terrain. Meg Jones, capitaine, fait figure de débutante avec ses 38 sélections. Bref de quoi faire une équipe type de vieilles… Non ! d’expérimentées. Mais le vrai chiffre est 22. Le nombre de défaites cumulées pour les 1 234 sélections ! Le sélectionneur a donc viré toutes celles qui avaient plus de 3 défaites au compteur… et qui ont donc plus de 48 ans… Sauf que d’après ces stats, Packer n’a que 61 matchs joués… A croire que c’est Elon Musk lui-même qui a fait les calculs ! A côté, le groupe France ne compte que 678 sélections avec 13 novices, sans stat sur le nombre de victoires ou de défaites des joueuses. Pourquoi ?

    Et pour en finir avec les chiffres, je retiens 15 et 7. C’est le nombre de Canadiennes jouant en Angleterre et en France. Pour un groupe de 36 joueuses menées pas une Sophie de Goede championne d’Angleterre avec les Sarries. Mais rage et désespoir. Ma déception sera longue à passer de ne pouvoir assister à l’opposition entre Julia Omokhuale et Madoussou Fall-Raclot. Même si je connais déjà le résultat. Entre une joueuse affrontant des joueuses plus fortes qu’elle tous les week-ends de la saison régulière et une autre ne pouvant le faire qu’un match par an dans le VI nations. Las ! je devrais garder ma frustration… comme souvent au cours d’un tournage. Tu sais dès le départ qu’il y aura ce moment où tu devras garder le masque impeccable du plaisir alors que tu atteins un sommet d’ennui teinté de dégout. Je compatis, Stormy Daniels.

    Comment gérer cette frustration ?

    Pas de trophée à la fin, objectif non lucratif annoncé : développer le rugby féminin en offrant plus de temps de jeu de haut niveau aux filles. Et comme le dit la FFR : « Fait notable, les fédérations conserveront les droits commerciaux de leurs matchs à domicile, une décision clé pour accroître la valeur du rugby féminin dans chaque pays et réinvestir dans les filières de joueuses et les programmes nationaux. ». Objectif non lucratif, c’est clair ?! Si cela permet de réellement redistribuer les droits vers les clubs féminins et aller vers la professionnalisation, tout le monde sera gagnant. Pas comme les garçons qui se gardent les excédents de droits de la LNR, notamment ceux issus des retransmissions des matchs des filles. Est-ce que les clubs reverseront une partie des 126 millions à leur section féminine ? Sans équité pour Blagnac ni Bobigny ? Toi, qui est encore à lire cette chronique, si tu sais, n’hésites pas.

    Si l’équité financière entre club de l’élite ne se fait pas de cette manière, l’équité sportive sera peut-être plus grande. Certains clubs sont déjà à fond dans la prépa de la saison, créant des automatismes, intégrant le plan de jeu. Alors que pour d’autres, les pelouses d’entraînement vont sonner creux. Au Stade Toulousain, ce sont 13 joueuses dans le groupe France et 1 joueuse dans le groupe Espagne. A Romagnat, plus modestement, 5 joueuses avec la France, 3 avec l’Italie et 1 avec le Canada. Là où ça sonnera carrément vide, c’est au Stade Bordelais. 12 joueuses avec l’équipe de France. 5 Joueuses avec le Canada. 2 joueuses avec les USA. Et 1 joueuse avec l’Italie. Et Madoussou Fall-Raclot avec les Fall-Raclot qui ont recruté pour la saison prochaine. Même avec l’équipe réserve, ce sera dur de préparer quelque chose. Bon, la différence avec le lièvre de la fable, c’est que cela ne les empêchera pas de gagner à la fin. Comme quoi, (et c’est le moment où il faut reboucler avec l’introduction de cette chronique) même avec toutes ses surprises promises à l’ouverture de la boîte, que ce soit des chocolats, un plateau de tournage ou une saison de rugby, ça fini toujours pareil, exténuées, avec plein de trucs à ramasser, un grand ménage à faire et une bonne douche pour se demander si c’était aussi bien que ça.

    Les bonnes résolutions de la rentrée devant le festin du WXV Global Series

  • Vive les vacances !

    Vive les vacances !

    Ah ! les vacances !

    Ça y est, c’est les vacances ! Depuis presque 3 semaines. Cette période qui nous autorise enfin à prendre le temps. Le temps pour sourire sans se soucier de rien (big up pour celui de Romane, qu’il dure longtemps). Le temps de ne rien faire. Le temps de découvrir un nouveau pays. Le temps de découvrir une nouvelle culture. Le temps de découvrir une nouvelle gastronomie. Le temps de redécouvrir son corps. Le temps de découvrir de nouvelles positions. Le temps de découvrir de nouvelles pratiques… Le temps de trainer à moitié nue toute la journée sans aucune gêne.

    Bref, temps béni. Celui où on oublie tout du travail. Et des terrains de rugby. Bon, sauf quand tu pars avec ton entraineure, même si elle essaie d’oublier, elle aussi. Se vider la tête pour recharger les batteries. Refaire le plein d’énergie pour la prochaine saison. Sans penser au stage de préparation qui vient. Celui pour préparer le WXV nouvelle version. Je suppose que le W signifie World, je n’ai trouvé aucune trace d’un MXV pour qu’il signifiât autre chose. Au programme des bleues : les Black Ferns, 4 fois, les Wallaroos, et les Canadiennes. Début le 12 septembre. Il sera temps d’y revenir après les vacances. Toi aussi, tu as droit aux vacances et oublier ma chronique pendant quelques semaines.

    Temps de rattrapage pendant les vacances… Boulot, cours, stage…

    Mais, tu as maintenant compris le fil rouge de cette chronique… Tu te rappelles ? dans les précédentes… ce qui ressort à chaque fois ? Oui ! tu l’as ! TOUTES PROFESSIONNELLES ! Parce que quand certaines peuvent s’accorder une vraie pause, méritée, en faisant attention au budget, malgré les centaines d’Euros que la fédé leur distribue grassement, les autres n’ont d’autres choix que de continuer leur activité professionnelle

    Parce que pendant l’été, c’est la période où, joueuse élite 1 non professionnelle, tu dois tenter de rattraper les 10 autres mois de l’année. Te donner à fond, malgré les bureaux désertés par tes collègues, et gagner des points pour ton entretien annuel, avec peut-être cette promotion légitime à la clé. Parce que dans ce monde du bureau, tout ce que tu as donné le reste de l’année pour faire progresser le rugby féminin ne compte pour rien. T’es même pas sportive de haut niveau. Avoir donné aux joueuses du XV de France la meilleure opposition possible n’apporte aucun point. Tout donner pour qu’elles puissent briller contre les autres nations amatrices et faire la meilleure figure possible contre la nation professionnelle, ça vaut que dalle dans ton métier qui te permet de te loger, te nourrir et te blanchir. Tout juste une tape dans le dos.

    Et tant pis pour celles qui viendront compléter le contingent des joueuses du XV de France, passant sous contrat fédéral. Elles auront travaillé tout l’été, elles pourront chanter et danser quand la bise sera venue, moins reposées que les copines, mais au top de la motivation. Et tant pis également pour celles qui auront chanté tout l’été et sortiront de la liste fédérale à la rentrée… Vite une image, déjà 3 paragraphes entiers !

    Pour te garder, chat mignon sur un terrain de rugby, oui, il continue !

    Maintenant que j’ai sorti la carte du chat ou de la chatte, je peux lâcher les chiffres. Parce que deux fois n’est pas coutume, je n’y connais rien au rugby et encore moins en économie du rugby. La question de ces vacances étant, comment on fait pour TOUTES PROFESSIONNELLES ?

    En regardant ailleurs, le championnat professionnel de l’autre côté de la manche, il a un salary cap inférieur à 300 000 £ pour la saison qui va débuter. Si je fais le calcul pour toi, pour un squad d’une quarantaine de joueuses, cela fait moins de 600 € par mois et par joueuse. Le luxe des professionnelles ! C’est sans compter les revenus mensuels des internationales, entre 3 600 € et 4 800 €. Note que chez les garçons, le salary cap est à 7 680 000 €. Rapport de 1 à 30…

    De leur côté, les Néozélandaises ont amélioré leur base professionnelle avec un super rugby aupiki, offrant quatre mois de contrat à toutes les joueuses des quatre franchises néozed, avec le super pactole d’environ 2 325 € égal pour chacune, youpi ! Somme qui vient s’ajouter aux contrats fédéraux pour les Black Ferns, mensuellement entre 2 500 € (néo sélectionnées) et 5 000 € (top joueuses).

    Quant aux Australiennes, elles voient leur contrat prendre plus d’ampleur, avec plus de joueuses et une plus forte rémunération, presque 4 000 € en moyenne par joueuse, avec un bonus du super rugby women de 2 400 € environs. Ce qui les placent presque au même niveau que les filles en noir.

    Oui, ça me fait le même effet…

    Pour revenir sur les filles du PWR, les 360 000 € maxi de masse salariale concernent les joueuses uniquement et excluent leur couverture santé (new big up pour Romane), leur cotisation retraite, leur aide au logement et d’autres petits avantages. Tout comme leurs gains liés au sponsoring, si le sponsor n’est pas directement lié au club. Y’aurait pas un truc comme ça aussi en France, chez les garçons ? Je ne sais pas, je ne m’y intéresse plus ! Et la salary cap doit également respecter le salaire minimum. 15 €, paraît-il. Chaque joueuse du PWR travaillent donc 40 heures par mois, environs… Autant dire que l’eldorado n’est pas pour toutes. Ou ils me manquent des données.

    Alors, ce serait quoi un TOUTES PROFESSIONNELLES ? Si on se base sur un temps complet, au minimum wage pour le PWR, cela ferait une masse salariale d’environ 1,2 millions d’Euros. Si on rajoute une dizaine de contrats espoir, le SMIC passant autour 9,6 € dans ces classes d’âge, on arrive à environs 1 320 000 €. Il faut faire x5. Ce qui reste toujours 6 fois moins que pour les garçons. Mais ne leur donnons pas trop d’idées…

    Mes vacances…

    C’est tout de suite moins sexy que le montage aguicheur du début, hein ?

    Si je reviens de ce côté de la Manche, avec un salaire minimum annuel brut d’environ 22 000 € pour une sportive professionnelle, pour une équipe de 50 joueuses, cela correspondrait à 1 100 000 €. Avec les charges employeurs, si elles sont les mêmes dans le sport, cela ferait environs 1 760 000 € de masse salariale pour les joueuses. Avec le staff, l’encadrement et les autres lignes du budget, il faudrait tabler sur un peu moins de 3 000 000 € par club. 30 millions pour l’ensemble du championnat Elite 1 Axa. Approximativement le budget d’un nouveau club de garçons professionnels. Un s’ajoutant aux 30 clubs pro actuels, entre Top 14 et Pro D2. Donc, pour un championnat féminin professionnel, c’est à peu près 4,5% de ce qui est déjà investi pour les garçons. Sur 10 clubs. Avec un supplément de 90 matchs pour les revenus. Si un club pro doit boucler son budget avec les recettes des 13 à 15 matchs à la maison, en tablant sur une billeterie de respectivement 16 000 à 6 000 spectateurs en moyenne, le faire pour 90 matchs demanderait en moyenne 2 300 spectatrices, et quelques spectateurs. Chiche !

    Tu ne couperas pas à mon côté femelle, toi qui lis encore ma chronique, pour dire que c’est très douloureux d’écrire cela, surtout en position assise. D’abord parce que je dis qu’une joueuse professionnelle ne mériterait pas plus que le SMIC. Comparer au 12 SMIC des garçons ? Elles ne font pas le même sport ? Ensuite, pour faciliter le passage, de dire que c’est pour pouvoir démontrer la viabilité du projet, pour faire ses preuves… Et là, au lieu de lubrifiant, c’est comme une brutale DP dans un mauvais gonzo de ma jeunesse. Ça fait vraiment mal ! En quoi y aurait-il encore des preuves à apporter avec les audiences des dernières retransmissions et la fréquentation dans les stades ? Pourquoi s’infliger encore une telle douleur en 2026 ?

    Et 2 millions de spectateurs en moyenne pour les bleues, besoin d’autres preuves ?

    Pour finir la saison, une spéciale dédicace à mon petit Florianinouchet. Tu sais, cher Préz de la fédé, je ne connais aucune gamine que ça fasse rêver de travailler dans la supérette de 5h à midi et de courir à l’entrainement à la pause pour tenter de décrocher une place en équipe de France. Le côté des belles histoires des filles qui travaillent, qui jouent au rugby et qui arrivent en équipe de France… ça s’rait’y pas un tout p’tit peu le cache-sexe pratique pour dire qu’elles sont à poil ? et pour éviter de dire qu’elles méritent un vrai statut de sportive professionnelle ? Comme les garçons ? Et s’il te plait, ne nous fais plus le couplet des études de médecines en parallèle de la carrière, on le connaît déjà, les Felipe, Rodrigo, Jamie et autre « le savez-vous, je suis également médecin » étaient déjà professionnels, les filles savent très bien le faire aussi, merci pour elles. D’autant que tu sais que cela fait partie des obligations faites aux structures qui emploient des sportifs professionnels de s’assurer et de contribuer à leur formation en vue de leur fin de carrière, je sais que tu le sais. Alors, mon petit Grillounnet, la prochaine coupe du monde est dans 3 ans. 2 ans pour démarrer le championnat professionnel et 1 année pour battre tout le monde et devenir championnes du monde. Ça commence maintenant. Un statut pro pour faire gonfler encore plus l’attractivité, ce qui augmentera les revenus, qui augmentera le spectacle, donc l’attractivité… ce qui pourrait être un truc comme une dynamique positive de transformation. Non ? Je te souhaite de bonnes vacances pour revenir avec plein d’idées.

    Bonnes vacances à toi aussi, qui a réussi à lire jusqu’au bout, amuse-toi et reviens en forme ! et TOUTES PROFESSIONNELLES !

  • La Reine des pirates, ce sera moi !

    La Reine des pirates, ce sera moi !

    Olivia Apps est nommée meilleure joueuse du PWR 2026 – visiblement, elle est émue.

    Olivia Apps est donc la meilleure joueuse du meilleur championnat du monde dès sa première année professionnelle ! Mais, avant de commencer cette rubrique, une fois n’est pas coutume, je voudrais dire que je n’y connais rien au rugby et encore moins au rugby féminin. Preuve de mon incurie, j’ai mis Fabiola Forteza parmi les Françaises amatrices dans mon compte-rendu de la finale de l’Elite 1 Axa. Honte sur moi, me prosterner mille fois ne suffira pas à demander pardon. Elle est internationale canadienne ! Amatrice, certes, mais de ces internationales qui espèrent un contrat pro en venant dans l’hexagone, là où se déroule le meilleur championnat du monde©. Sauf que pour les filles, c’est de l’autre côté de la Manche qu’il faut aller trouver le meilleur championnat du monde. Là où Liv Apps est allée, donc, dans le seul championnat professionnel des filles.

    Ma découverte du rugby féminin s’est faite récemment en croisant sur son chemin du boulot un coquart sur un visage de fille aux anges. Mais j’en ai déjà parlé. Cela fit sur moi le même effet que quand un mec se casse la gueule de cheval sur un chemin de Syrie à cause d’une insolation… d’un éblouissement… ou d’un truc lié au soleil… ou au ciel. Bref, une révélation. Une conversion ! Définitive. J’arrête là le lien avec un quelconque chemin de Damas, le mec qui nous a laissé cette histoire ne portait pas les femmes en grande estime, et c’est un euphémisme, pour des siècles de dominations guidées par la religion.

    Une autre histoire de Damas et de coquart, à moins que…

    Mais revenons à Liv et au rugby féminin… avec un petit détour par le growth hacking (tu peux aller sur definitions-marketing.com pour une explication détaillée). En résumé, c’est ce truc utilisé par les entreprises de la tech, à leur démarrage, pour réussir à faire croire aux gogos qui investissent que leur technologie est gratuite, surpuissante et qu’elle va rapporter des milliards. Avant de nous la faire payer en nous refourguant un truc tout juste bon à te faire scroller toute la nuit. Du genre, les réseaux sociaux sont gratuits et sont une avancée humaniste. Ou que l’intelligence artificielle révolutionnera la recherche et nous affranchira définitivement du travail. C’est tellement beau dit comme ça ! Il fallait bien lui donner un nouveau nom. C’est ça le marketing.

    Un tech bro lâchant son hack !

    Le growth hacking est donc une véritable action de piratage du système, un peu comme les prot’ pour faire croire à ton organisme que tu as du muscle, ce qui peut finir par arriver, des fois. Si tu t’intéresses au Rugby, à ses histoires, à son Histoire, peut-être connais-tu celle des cohortes d’Argentins et des contingents d’Italiens qui avaient peuplé les équipes de Top 14 dans les années 2000. Ces Juan,  Martin, Juan Martin, Augustin, Mario, Sergio, Gonzalo… Aaaaah ! Ouiiiiiii !… j’étais jeune… Eux qui ne bénéficiaient pas d’un championnat professionnel chez eux. Tonton Laporte, il ne faut pas dire parrain, en est encore tout traumatisé de la progression des Argentins, pour avoi été battu 2 fois par ces mêmes Argentins dans SA coupe du monde à lui qui devait le propulser grand Chambellan après avoir été nommé ministre des Sports. Quant à Thomas Lièvremont et Philippe Saint-André, ils gardent un souvenir pénible de la progression des Italiens. Mais revenons aux filles, les garçons ne m’intéressent plus.

    Toi qui as réussi à lire jusque-là, peut-être t’étais-tu déjà demandé comment une nation de femmes de bûcheron (propos misogyne sous la plume d’un homme) avait pu battre la France lors du WXV 2024 et finir finaliste de la dernière coupe du monde, celle de 2025. Surtout quand tu sais que leur fédération est totalement fauchée et en avait été réduite à lancer une cagnotte en ligne pour payer les frais du stage de préparation et ceux du séjour en Angleterre. Donc, comment cette nation quasi insignifiante chez tous les spécialistes du rugby avait pu écraser la Nouvelle-Zélande en demi-finale. Ne perdant que devant les Anglaises, bien installées au sommet du rugby mondiale. Tu as connecté tes 2 neurones ? Tu as fait le lien ? Oui, je le sens bien ! Ne change rien ! il y a un truc qui commence à venir.

    Attention, la femme de bucheron pense !

    Oui ! tu as touché le point sensible ! elles ont piraté le Premiership Women’s Rugby !. Elles sont allées hacker la puissance du PWR. Elles étaient même 11 joueuses à la feuille d’érable sur la feuille de match de la dernière finale du championnat anglais. Et parmi elles, il y avait Liv Apps, qui a donc été élue meilleure joueuse de la saison après avoir été sacrée championne d’Angleterre. Demie de mêlée des Saracens et des filles aux couleurs de l’été indien. Les affaires familiales ne l’obligeaient sans doute pas à devenir professionnelle. La nécessité de progresser en se frottant aux meilleures joueuses de la planète était en revanche évidente. Tu voudras chercher ses highlights sur la toile pour comprendre de qui je parle, un jour peut-être il y en aura, après tout, même un garçon comme François Trinh Duc à les siens, de plusieurs minutes même. Sache qu’Olivia est également la capitaine de l’équipe à 7 du Canada, vice-championne olympique en 2024. Plus de 300 points à son actif. Et elle est vice-championne du monde à XV. Des résultats qui en inspirent plus d’une et quelques-uns.

    Photo de joueur inspiré par Liv Apps, se rasant la tête et portant un maillot aux couleurs de Saries.

    La morale de cette histoire serait que quand tu n’as pas d’argent chez toi, va te servir chez ceux qui en ont. Piraterie ! Etonnamment bien accueillie au royaume de ceux qui avaient pour principe de pendre les pirates, sans autre forme de procès. Royaume pas en reste de piraterie d’ailleurs qui, en lançant un contre hacking, profite également de cette concurrence de qualité pour continuer son développement et établir encore un peu plus sa domination sans partage sur le rugby mondial.

    De ce côté du Channel, la morale est vue différemment. A la manière de celle concluant la fable d’une autre femme de bucheron, Maria Chapdeplomb, interprétant les paroles d’un vieil autochtone, « quand homme blanc couper beaucoup bois, hiver être très rude ». N’est pas Pierre Desproges qui veut, et nos instances du rugby français en filant cette allégorie, ou cette métaphore, en concluent « quand pirate piller ressources, il ne reste plus rien ». Pariant ainsi sur l’appauvrissement de la perfide par cet acte de piraterie des Canadiennes. Bien assis sur leur potentiel callé dans leur fauteuil en cuir, les dirigeants de la FFR parient donc sur le maintien d’un championnat amateur pour les filles. Avoir une équipe nationale professionnelle est largement suffisant pour battre les Anglaises. Parce qu’à chaque fois, ça se joue à rien !

    Réaction anglaise à l’analyse de la FFR.

    En attendant, le championnat grand-breton cherche une dixième équipe pour avoir 18 journées complètes. Ce serait ballot qu’avec ce coup du sort, ce qu’Aliénor n’a pas réussi à faire, ni avec ses maris, ni avec ses fils, ses lointains descendants finissent enfin par rattacher l’Aquitaine à l’Angleterre. Les Lionnes pourraient ainsi aller se battre au royaume du lion, devenant totalement professionnelles et disputant des matchs contre des adversaires les forçant à progresser. Note qu’il faudrait y voir de la part de l’Albion, une forme de piratage beaucoup plus classique, celle des rapines, histoire de priver de ses meilleures éléments le championnat d’une nation concurrente, le condamnant à la disette.

    Heureusement pour nous, nous sommes une vraie nation du tiers 1 du rugby mondial, et nous n’avons pas besoin d’envoyer nos joueuses s’aguerrir auprès d’une nation plus développée. Preuve sera donnée le 26 septembre contre ces Canadiennes pirates lors de la 3ème journée du WXV 2026. Nous avons un vrai championnat, nous ! Et il compte ses 10 équipes, fier de ses clubs. Nous progressons ! lentement… très lentement… trop lentement peut-être à côté des Anglaises et des Canadiennes, qui progressent très très vite. A moins que… TOUTES PROFESSIONNELLES !

    En attendant, Liv Apps est bien assise sur son trône de reine des pirates.

    (Promis, je chercherai d’autres visages que celui de Tilda Swinton pour illustrer mes prochaines chroniques, promis promis ! Même si elle peut jouer tous les rôles et à tous les postes)

  • Perdue au cours du final

    Perdue au cours du final

    J’aimerais dire que je vous livre le contre-compte-rendu de celui d’Ovale Masqué et tout ce qui n’a pas encore été dit dans les twiiites des bouchers, mais le premier était déjà à la pêche aux bulots et les autres ne se sont réveillés que pour l’affiche Jordanie – Argentine. Ils n’ont donc encore rien dit sur le sujet. Ce sera ainsi le seul retour écrit à peu près complet et objectif de la finale du championnat de France de rugby. Finale qui opposait l’ASM à l’UBB. Impossible victoire pour deux clubs habitués aux défaites en finale. Sauf que là, il s’agit des filles. Les Romagnatoises ont roulé sur le championnat en gagnant 16 matchs sur 18 pour 1 nul et une défaite, 14 points de bonus en prime. Les Bordelaises cumulent déjà 3 boucliers sur les 3 dernières saisons. Alors, au moment du coup d’envoi, je veux croire que les 2 équipes ont une chance, surtout celle du Puy de Dôme.

    C’est l’affluence des grands soirs du rugby féminin, à Aguilera, la tribune Blanco sera pleine et la tribune Kampf le sera à moitié. 200 supportrices et quelques supporters de l’ASM sont venus pour un match le dimanche soir. 5h45 de route aller. Pareil retour. Et la Puydômoise ne rate jamais d’aller au travail le lundi matin. Ce sera donc match à domicile pour les lionnes du Stade Bordelais.

    17h, 1 heure avant le match, tout le monde est encore à la buvette. Planquée en tribune, je profite de cette excitation subtile que de voir les filles se mettre en place des 2 côtés. Un truc commence à me chatouiller, dans le coin de l’œil, mais je ne sais pas encore quoi. Planquée au milieu de personne, je ne risque pas de me faire remarquer. Même les arbitres finissent par venir s’échauffer. Et ils ont préparé leur finale eux-aussi, ils sont devenus imbattables en constitution féminine (teaser) !

    Puis vient l’heure. Celle où les tambours se lâchent. Celle où je me lâche. Egalement. Les yeux grands ouverts, fillette revenue au spectacle de Noël, je ne veux rien rater du jeu. Et Carla Arbez le donne enfin, le coup d’envoi. Pendant 25 minutes, ça tape dans tous les sens. Malgré une première infériorité numérique, à 14, les filles en jaune repoussent les assauts répétés des filles en bordeaux et elles vont même porter le danger près des lignes adverses. Après un premier essai refusé pour un ballon lâché dans l’en-but, les Bordelaises marquent par Berthoumieu, sans avoir mordu personne. Transformation ratée. Les Romagnatoises marquent 3 points dans la foulée. L’attaque des lionnes a des ratés, malmenée par une défense féroce de Lazarko et consœurs, ne savant plus comment attaquer, c’est en contre qu’elles prirent l’ascendant juste avant la pause. Alors que l’ASM dominait dans le camp du Stade Bordelais, Brosseau se fait arracher le ballon ou un contre sur un coup de pied inutile, pas le temps pour prendre des notes, et les jambes de lionnes partent à l’autre bout du terrain, stoppées à gauche, elles repartent pour marquer à droite par Bourgeois, logique. Nouveau carton jaune à la clé pour Grando. Spéciale ASM chez les garçons, les filles n’étaient pas sensées les imiter, d’une domination pour balle de marque et un avantage psychologique avant la mi-temps, se retrouver avec 7 points dans la valise et un banc des péchés pour 10 minutes.

    Le retour des vestiaires reste compliqué pour les visiteuses. Elles subissent et se font pénaliser. 3 points de plus au compteur. Et, à force d’invoquer l’esprit d’Arumburu, dans son antre, le monstre jaune se dégrippe et reprend l’ascendant. Brosseau trouve enfin de l’allant en passant à la droite de la mêlée et amène finalement ce qu’elle devait apporter à l’équipe, de la fraîcheur et de la fougue. Et Fernandez inscrit 5, puis 2 points de plus pour porter son total à 10.

    10 à 15, les locales commencent à subir. Jusqu’à réussir un plaquage à 2 têtes sur celle de Perraudin. Les révisions sur l’anatomie féminine du corps arbitral trouvent alors leur mise à l’honneur en donnant un carton jaune pour contact à la tête avec haut degré de dangerosité. Pour le premier garçon venu, le rouge et l’ambulance aurait été appelés. La force des filles ! Girl Power ! Après avoir perdu Lazarko sauvé par un carton bleu, les filles de l’ASM perdent une deuxième pièce maîtresse, Perraudin sort sur commotion. Un frisson secoue pourtant tout Biarritz, les lionnes sont en train de perdre le match. Mais, d’une percée de Captain Gabriagues, relayée par Pignot, puis par personne. Mais, de lancers en touche digne d’une très grande pizzaiola. Mais, d’une pénaltouche en ballon mort. Le frisson passe, le frisson s’en va. Bordeaux marque même un nouvel essai. L’ASM se tu et l’arbitre peut siffler pour le back4back (Patricia Kaas inside) des Lionnes du Stade Bordelais. Madoussou Fall Raclot reçoit son bouquet, malgré ses ballons échappés et pour avoir joué aux quilles une bonne partie du match, ce qu’elle fait habituellement, sauf contre les Anglaises. Le reste de l’équipe locale recevant son bouclier. L’équipe visiteuse pleurant sa mère, malgré bonne figure faite devant les instances au moment de la médaille des vaincues. Et pour clore, la photo des personnes de la fédé, Florian Grill au centre, hilare de cette belle soirée. Calice jusqu’à la lie.

    Je reste plantée encore quelques instants dans la tribune, quand tout le monde se barre à la buvette, espérant un tour d’honneur qui ne viendra pas. Les Puydômoises montant dans l’autre tribune pour chercher le réconfort dans les bras des leurs. Je baguenaude encore un peu entre les rangées, la pluie mouillant à peine, sans nettoyer ce qui me gratte encore au coin des yeux. Je trouve une plume, ni blanche, ni noire. Qui a donc perdu des plumes ? (toi qui lis, sens-tu la capilotraction ?) Je m’assieds. Je croise les jambes. Et j’observe cette plume. Où vais-je bien pouvoir la mettre ? Je sais déjà à qui. Et je réalise ce qui me gratte au coin des yeux. Depuis la mise en place. Depuis toute la semaine caniculaire qui se rafraîchit à peine. Depuis le début ! J’ai assisté à un match opposant une équipe professionnelle et une équipe amatrice !

    Je verrai plus tard la belle déclaration® de Mouna Touré. Je découvrirai ce brassard que je n’ai pas vu des tribunes. AMATRICE. De celles qui ont travaillées toute la semaine. Par 40 degrés à l’ombre. Sans clim pour dormir. Partant à l’entraînement avant le boulot, entre midi et 2, après le boulot, mangeant ce qui peut l’être pour ne pas perdre trop de temps, travaillant d’arrache-pied pour ce métier bénévole, pour se donner l’espoir de croire à la victoire. Victoire contre une équipe déjà professionnelle dans son fonctionnement. Même si le site officiel de la fédé montre 12 professionnelles à Bordeaux, c’est toute la structure qui fonctionne comme une professionnelle. La structure de l’ASM Rugby Féminin reste, elle, profondément amatrice, sans même les moyens de financer des nuits à l’hôtel avec la clim pour que les filles soient au sommet de leur forme.

    Elles ont tout donné. Sans aucune retenue. Telle une poignée d’indiennes d’Amérique du Nord sur leur bête cheval avec leur bête lance, criant et haranguant une armée de tunique bleu, Gatling en position de tir. C’est beau comme du Byron. La mort à la fin. Paradoxalement, chez les Bordelaises, ce sont 2 amatrices qui se sont mis le plus en évidence, après She Hulk Fall Raclot. La pilier gauche, Maylis Mailagi, pleine de gaz©, double compétence XIII – XV qui fit très mal à la défense auvergnate. Et la talon remplaçante, boule de destruction massive, récompensée d’un essai, Oihana Tome Belmonte, placé très haut dans les plus beaux noms du rugby.

    Au moment de partir reprendre le volant de ma lotus et rentrer lézarder du côté de Clermont, je lève la tête pour regarder si la pluie viendra vraiment. Et je la voie… Et je le voie… Je ne sais pas comment il faut dire. Il paraît qu’ils n’ont pas de sexe. Pourtant je LA voie. Elle est là. Assise sur le rebord du toit de la tribune Serge Kampf. Battant ses pieds dans le vide. L’ange de la mort. Elle rôde. Elle se pourlèche de voir un club professionnel, unique dans le championnat, attirer à lui encore plus de joueuses sous contrat avec la fédé. Elle ricane de se dire que ce club n’a besoin de jouer qu’une demi-saison pour gagner le bouclier. Quand les autres s’épuisent et se dégoutent petit à petit. Elle siffle de contentement de voir d’où elle est le niveau baisser d’année en année, pour finir au niveau de supplétifs pour permettre au rugby féminin anglais de continuer à nous marcher dessus pour nous enfoncer dans la tombe que nous creusons, où cette ange de malheur viendra planter sa plume. Elle est prise de hoquets, se pliant en deux de l’accord de ces mêmes joueuses anglaises avec leur fédération, 25% d’augmentation et une prime de 100 000 Livres Sterling en cas de victoire à la prochaine coupe du monde, quand elle se rappelle que les joueuses professionnelles françaises touchent entre 1 500 et 4 000 Euros elle manque de tomber du toit, sans Peter-Stephie.

    Je n’ai pas les super-pouvoirs d’Ovale. Je n’arrive pas à sauter pour la rejoindre et la plumer jusqu’à en faire une jolie caille que je me plairais peut-être à fourrer de tout plein de jouets colorés, si elle y consent, pas comme dans certains hôtels bordelais et certainement comme toujours dans les hôtels de Mendoza. Je peux au moins lui faire un doigt d’honneur et faire raisonner dans ma tête un air des Lambrini Girls. Je suis cunty. Les filles du rugby sont cunty. Faire ce qu’il y a de mieux pour nous est cunty (© Cuntology 101, Lambrini Girls). Et nous allons lui briser son rêve à cette poule ailée, pour que toutes deviennent professionnelles et que toutes puissent défendre leur espoir de bouclier à armes égales. Un seul mot d’ordre pour la prochaine saison, faire transpirer à grosse canicule les messieurs de la fédé pour obtenir enfin un statut complet de joueuses professionnelles pour toutes dans tous les clubs de l’Elite 1 Axa ! Le tout sauf Laporte ne constitue pas un programme, même si c’est utile. Une vision et des actions idoines, c’est mieux. Clouer le bec à cette ange idiote et rétablir les chances de chaque club à prétendre au bouclier de Laure-Désirée, femme de Brennus, bien nommée pour un trophée. C’est non négociable. TOUTES PROFESSIONNELLES !

    La compo des amatrices.

    La compo des presque professionnelles.

  • J’arrête les garçons !

    J’arrête les garçons !

    Oui lecteur ami, oui lecteur hater, tu as bien lu. Aussi difficile à croire qu’un en avant de LBB sifflé dans l’en-but. Aussi impossible à comprendre qu’un dicton de Fab Gal. Aussi incroyable qu’une répétition de matchs moyens du GOAT sur terre. Mais oui, ma décision est prise, comme ma grande sœur Ovidie, j’arrête les garçons. Parce ce qu’il faut bien le reconnaître, la chair est devenue triste, hélas. Autant industriel qu’aseptisé, le jeu des garçons est devenu aussi intéressant qu’une partie de golf d’un petit Trumpinou. Et même dit comme ça, ce serait presque choupinou à regarder. Mais non, je me fais chier à mater les matchs d’une équipe playstation contre une équipe de noobs. Un peu comme si Elon Musk menait un OPA contre le livret A d’Oval. Tout est trop calibré pour moi, trop lisse. Peut-être rêve-je encore du prince charmant… cet Afrique du Sud – Nouvelle Zélande 2013… où Bismark du Plessis tentait le coup de la corde à linge sur Dan Carter… Ou un Angleterre – Pays de Galle où les joueurs étaient après 20 minutes à peine dans le même état qu’un Yusuke Chiba en plein concert de TMGE. Mais aujourd’hui, hélas, la chair est triste.

    Les garçons avant, quand je jouais avec eux.

    J’ai bien essayé de laisser la cougar en moi s’exprimer. Mater les coupes du monde U20. Même le six nations U20. Retrouver le plaisir coupable de ces luttes pleines d’envie, acharnées au point d’être maladroites, maladroitement sublimes. Mais lutte intense. Avec des héros simples qu’on veut aimer. Avec des adversaires terribles qu’on veut adorer. Mais, trois fois hélas, ces mêmes jeunes deviennent grands et ressemblent à leurs ainés. Parfois même en pire. Et ce n’est pas une chistera de 20 m à l’aveugle qui m’humidifiera la truffe.

    Et il y a les filles ! Heureusement ! Grandes et moins grandes, elles restent égales. Avec ce feu qui reste intact. Ce truc qu’il y avait dans le rougby. Ce truc qu’il y avait au-delà de l’accent du Sud-Ouest. Un truc qui s’appelait le romantisme, je crois. Un truc à peu près fracassé un soir de juin 2016 dans un stade de Catalogne. Quand la preuve a été apportée que l’argent suffit pour gagner un championnat. Un truc qui a tenté de se remettre, avant de disparaître totalement. Peut-être que c’était le romantisme… c’était peut-être ça… je crois… mais ma mémoire me fait défaut, cela fait tellement longtemps. Mon couplet du c’était mieux avant. C’est surtout mieux maintenant avec les filles.

    Elles ont réveillé cette mémoire. Elles ont réveillé ce désir que je pouvais couver des heures avant de voir un terrain de rugby. Désir gardé longtemps avant l’explosion orgasmique de voir ce ballon se balader, voler, s’égarer, se reprendre, tomber encore, et encore, être enterré et repartir toujours vers celles qui viennent derrière, avant de revenir encore plus fort pour balayer l’adversité et finir au bout du monde, aplati en majesté.

    Le plaisir s’est ravivé. Et avec lui, une sourde colère. Terrible colère. Colère qui me fait dire que j’arrête les garçons. Parce que dis-toi bien, ami lecteur, ami hater, que la fille que tu croises le lundi matin au bureau avec un œil au beurre noir et le sourire jusqu’aux oreilles, dis-toi bien que cette fille-là n’est pas une adepte du BDSM. Dis-toi qu’il n’est pas nécessaire d’appeler pour elle le 3919 pour dénoncer des violences conjugales. Non, cette fille est rugbywoman. Elle a joué dans le championnat élite 1 Axa. Et elle vient au bureau le lundi matin. Après être rentrée en car à 2h du mat’ du match de la veille. Et dis-toi qu’elle va courir de nouveau à l’entrainement entre midi et deux. Finir sa journée à défendre ses dossiers devant des comités qui n’ont rien à envier à Théodule. Pour repartir s’entrainer une fois son projet validé. Quand ses collègues vont fêter ça au bar, elle court de nouveau à l’entrainement pour une séance vidéo du dernier match, avant de rentrer se faire à manger et un bout de ménage. Et elle enchaîne le lendemain, et toute la semaine pour pouvoir s’éclater de nouveau sur le terrain. Vert et bordé de ces perches étranges. Elle est au bureau, mais elle est également à l’hôpital, assistant une opération à cœur ouvert pour son internat. Elle est également à répondre au téléphone, à fatiguer les bancs de l’université, à faire des ménages, à chercher un boulot. Elle est partout où tu peux la croiser. Partout, sauf à se gratter négligemment l’entrejambe en chaussettes-claquettes, avachie sur un fauteuil à trouver que la séance de muscu était trop bien ce matin.

    Non, tu l’as compris lecteur, elle n’est pas professionnelle. Ou plutôt, elle cumule les professions. Pendant que les garçons de taupe 14 et ceux de prodédeu trouvent qu’ils travaillent trop sur une saison. Elles, ouvrières du championnat élite 1 Axa, enchaînent toute l’année sans interruption. A part les 5 semaines de congés réglementaires. Championnat qu’il faut, dans le journal de référence, aller chercher après celui de nationale des garçons pour trouver des résultats approximatifs, avant correction dans les jours qui suivent. Rubrique absente du site vert. Oui lecteur hater, j’arrête les garçons parce que leur chair est devenue triste et parce que celle des filles est belle et ne demande qu’à s’épanouir encore plus, qu’à sortir des arrière-cours où elle est encore cantonnée, malgré les campagnes lyriques du sponsor officielle du championnat élite 1 Axa.

    Sauras-tu trouver le nom du sponsor du championnat élite 1 Axa ? Comme indice, je peux te dire qu’il ne s’agit pas de « championnat ».

    Oui hater, tu peux crier que je suis maudite d’une crise de wokisme. Que les filles au rugby n’intéressent personnes. Qu’il leur faudrait plus de promo pour attirer les sponsors. Qu’elles devraient s’inspirer du beach volet féminin ou de la lingerie football league, ou… des combats dans la boue. Je t’entends hater. Je t’entends. Et je sais où une certaine barre à mine est rangée chez Oval et qu’elle pourrait reprendre son rôle exploratoire d’orifices. Alors, oui rageux, tu as raison ! Il faudra s’inspirer d’un certain Max et ses dieux du stade, bien huilés et épilés de frais. Mais pour que tu puisses encore un peu plus rager, ne compte pas sur elles pour se faire appeler les déesses du stade, et ce serait plutôt à Barbara Butch de mettre en image cet album de ces joueuses de rugby. Loin du porno chic qui a fait la réputation des garçons, encore trop garçons pour imaginer autre chose. Un album mettant fièrement en avant la beauté des corps, sans huile brillante ni pause lassive. Elles, elles n’en ont pas besoin.

    Enfin, il me faut tacler Oval, parce qu’il le vaut bien. Il a fait le compte rendu du dernier France – Angleterre. Comme un dernier geste avant d’arrêter définitivement. Match que les Anglaises ont gagné. Encore. Pas celui où les Français ont su gagner grâce à un joueur géorgien venu en renfort avec l’assentiment de World Rugby. Huit grands chelems d’affilés. Commentaires presque extatiques dans le poste de la télé française. Sans en rajouter chez Oval. Commentaire qui mérite un peu plus qu’une simple ligne. Huit ans que des joueuses professionnelles dans un championnat intégralement professionnel depuis 10 ans marchent sur la planète rugby. Comme si ce détail était anodin. Si en France, les joueuses du XV de France sont professionnalisées par la fédération, soit 41 joueuses d’après la page de la fédé. Contre environs 400-500 joueuses professionnelles en Angleterre. Ah ! la perfidie n’est pas là où l’on croit ! Joueuse du XV de France qui perd son statut pro dès qu’elle sort du groupe, pour changement de plan du sélectionneur ou pour faire un enfant… 41 joueuses réparties inéquitablement dans les 10 clubs du championnat élite 1 Axa. Avec une concentration dans 1 club. Qui mécaniquement continuera à attirer à lui les autres contrats pros. Sinon, comment gérer ton agenda de pro à 4 dans un club où tu dois attendre que les autres filles sortent du taf pour t’entrainer sérieusement. C’est quand même plus facile à 14. Même si c’est encore loin d’un entraînement avec toutes les filles.

    Et oui, pour parler de rugby féminin, il ne suffit pas de changer le genre des tournures de phrases et se dire que Bordeaux fait un gros recrutement avec le retour de ses deux piliers internationales. Comme la médecine du bikini ne suffit pas à prendre en compte toute la complexité de la gent féminine. Pour parler de rugby féminin, il faut également prendre en compte leur absence de couverture en cas de grosse blessure. Elles ne bénéficient pas des contrats de prévoyance d’un grandisse garçon qui peut se faire les croisés au même rythme qu’un rendez-vous chez l’ophtalmo. Si les femmes travaillent gratuitement dès le 10 novembre par rapport aux hommes, les joueuses de rugby le font dès le 1er janvier. Et elles paient même pour les garçons ! Les revenus des retransmissions de leurs matchs de championnat revenant dans la cagnotte de celle négociée avec les garçons. Proval est le syndicat des joueurs et joueuses professionnels. CQFD. Et si tu veux une dernière preuve, que les filles ne sont pas le féminin des garçons, saches que pour le journal de référence, 16 victoires, un nul et 14 bonus donnent 83 points ! Même avec 80 points sur 90 possibles, les garçons sont trop loin.

    J’arrête les garçons jusqu’à…

    Donc, j’arrête les garçons ! Jusqu’à ce que les filles aient elles aussi le droit de trainer en survèt-claquettes de la salle de muscu, à la salle vidéo et jusqu’au resto du club. Sans avoir rien d’autre à penser qu’à ce que leur dit le coach, et sans se préoccuper de savoir si elles auront toujours leur taf pour pouvoir continuer à jouer la saison prochaine. J’arrête les garçons jusqu’à ce que les filles soient inclues dans le prochain contrat des droits TV, désolé pour le dur travail du groupe projet qui devra trouver une place pour 1 match en access prime time le dimanche et pour 4 autres plus tôt dans l’aprèm. J’arrête les garçons jusqu’à ce qu’il y ait une compétition des club européens des filles, j’accepterai même avec un fonctionnement aussi abscons que celui des garçons. J’arrête les garçons jusqu’à ce que les filles aient la couverture maladie qui leur permettra de ne pas se poser la question de l’accident qui les laisseraient sur le carreau avec une incapacité à travailler en prime. J’arrête les garçons jusqu’à ce que les filles aient la possibilité de choisir de faire un bébé, si elles veulent porter un bébé. J’arrête les garçons jusqu’à ce que les joueuses du XV de France recommencent à se battre à armes égales avec les joueuses du XV d’Angleterre, c’est-à-dire sans se trainer la charge mentale de la ménagère de moins de 40 ans. J’arrête les garçons jusqu’à ce que la FFR, la LNR les clubs et les diffuseurs prennent au sérieux la professionnalisation du rugby féminin en France, et pas seulement en versant une prime somptuaire aux joueuses qui leur permet grassement de se payer presque intégralement les frais d’essence pour aller à l’entraînement.

    Est-ce qu’après tout ça, est-ce que quand les filles auront les mêmes droits que les garçons, est-ce que je trouverais encore la chair des filles joyeuses ? Peut-elle devenir triste comme celle des garçons ? Il n’y aurait qu’un mec pour se poser cette question. Lecteur ami, lecteur hater, ne cherche pas à mettre au féminin les phrases au masculin que tu as dans la tête. Les filles ne seront jamais tristes à voir. Jamais leur histoire ne les a rendues triste à voir quand elles prennent leur plaisir à elles. C’est en ça qu’elles seront toujours bien plus fortes que les garçons.

    Et la compo du XV féminin contre l’Angleterre !