Le début d’une saga de 18 épisodes – épisode 1 à 6 cette année.
Le premier round du World XV Global Series s’est achevé. Et le frisson continue de secouer mon corps du plaisir que seules les filles savent me procurer. L’extase était au rendez-vous. D’abord, de jouir sans entrave avec tous ses matchs proposés. Et de la frustration qui l’accompagne de ne pouvoir tous les regarder. Compétition à XV qui enchaîne les rencontres comme une compétition à 7. Frustration de ne pouvoir profiter des célébrations et interviews d’après match qu’il faut déjà foncer pour ne pas rater le match suivant. S’il y a une amélioration à faire dans ce plan rebelle, pour optimiser les revenus de la diffusion, ce serait bien celle d’espacer les duels pour installer les annonceurs avant et après. La frustration, à dose homéopathique, aide à une certaine augmentation du plaisir quand il se libère enfin. Et, même si beaucoup de déchets émaillaient le jeu de chaque équipe, les envolées et les fulgurances n’en étaient que meilleures. Oh ! oui, vraiment meilleure… mais je prendrais moi aussi le temps de faire monter ton plaisir, toi happy few qui me lit.
Démarrage sur les zones sensibles avec un Angleterre – Australie qui ne laissait présager aucune grande surprise. Pas comme celle d’un pack australien enfonçant les Anglaises jusque dans leur en-but. Pas comme celle d’Anglaises ratant autant de passes et se faisant autant pénaliser. Pas comme celle d’Anglaises menées à la mi-temps. Pas comme celle d’une combinaison en touche qui amena le deuxième essaie des Australiennes. Malgré toutes ses surprises, il ne fallut pas plus de 27 minutes au début du deuxième acte pour rappeler qui étaient les patronnes. 6 essais avec toute la panoplie du jeu des Red Roses. 48-15. Score final. Pas de réalité parallèle, donc. Meg Jones ressort avec un bel œuf de pigeon sous l’œil gauche, marque d’un combat intense et de plusieurs coups qui ont porté. Les Australiennes progressent. Troisième nation mondiale, parmi les trois nations professionnelles. Ou les trois les plus avancées dans la professionnalisation pour être plus exacte. Au vu du match, la puissance physique des Wallaroos ne sera pas un cadeau pour les Françaises avant d’affronter les Canadiennes, surtout pas après avoir taper contre les murs blacks pendant 80 minutes.

Parce que je n’ai pas les GIF d’Ovale Masquée et donc, pas l’entrée de Packer sur le terrain
Justement ! … non, patiente encore un peu et laisse monter le doux plaisir des préliminaires avant d’obtenir ce que tu es venue chercher. Suite en zones érogènes avec les Canadiennes, deuxième à entrer en lice. La première nation mondiale parmi les nations amatrices. Contre les Ecossaises, cinquième dans les rangs des amatrices. Si proche, si loin. 4 rangs d’écart et pourtant tout un monde. Même avec super Sophie de Goede sur le banc. En raison d’une préparation raccourcie du fait de ses études. Amatrice, je vous dis ! Aucune surprise. 5 essais au premier acte. 5 essais au deuxième. 4 concédés aux Ecossaises. Et une discipline à revoir, avec 1 jaune et 1 rouge en trois minutes. 26 – 64. Score sans appel. Et la reine des pirates, Liv Apps, élue joueuse électrique de la semaine. Echauffement avant de retrouver les Anglaises la semaine prochaine. Premier set d’une partie qui se jouera en 4 manches. Est-ce que ça se voit que je salive comme une grosse affamée ?

Les Canadiennes ont joué en infériorité numérique, comme l’atteste parfaitement cette image
Et maintenant… oui, tu as mérité de passer aux choses sérieuses. Après toute cette longue attente, tu mérites ta récompense : quelques mots sur la rencontre qui a opposé le XV de France aux Black Ferns… Mais commençons par la composition du XV de France aligné par F. Ratier.

Ovale Masqué, je mérite pas, tu restes le meilleur à cet exercice…
Commencer par dire que la Nouvelle-Zélande a gagné n’enlèvera rien au plaisir. 14 à 28. 2 essais à 4. Dire que nous en sommes déjà arrivés aux défaites encourageantes chez les filles, à 3 ans de la coupe du monde, c’est carrément le tue-l’amour par excellence. Je le garde pour la fin, quand nous aurons bien joui ensemble de la rencontre en elle-même.
Un match contre le pays au long nuage blanc © (cela me fait gagner des points à chaque fois que j’utilise une périphrase pour tenter de ne pas répéter trop souvent qu’elles ont vraiment été trop fortes pour nous !), donc un match contre ce pays commence toujours par un Haka. Celui des filles, tout en chorégraphie balinaise, avec petits pas et déhanchés mesurés, laisse à voir toute la détermination sur les visages et sur le bout des langues tirées. Déstabilisation ultime de regarder la petite danse gentille et de tomber sur les regards de sociopathes prêtes à t’écorcher vives par petits morceaux et de te laisser sécher des heures au soleil… Soleil qu’elles ont choisi d’avoir avec elles, nous laissant le coup d’envoi et l’aveuglement assuré sur chaque « kickin guème » cher à Fab Gal.
Arbez tape la première pour lancer le combat. Et, comment dire… il y a vite comme un mur en face de chaque Française. Même Teani Feleu n’arrive pas à avancer. Même Ambre Mwayembe n’arrive pas à avancer. Heureusement, pour laisser planer un semblant de suspens, les filles en noir échappent le ballon pour que nous tentions un jeu dans le désordre de dépossession ©. Mais il n’est pas à notre portée. L’énergie dépensée et les impacts subis en défense laisseront des traces dans des organismes qui vont se dérégler au fil du match. Il ne faudrait pas passer sous silence les grattages héroïques des septistes, même pour celle découvrant le quinze au niveau international.
La seule arrivant réellement à rivaliser dans le combat et dans le jeu porte le numéro 3 dans le dos. Assia Khalfaoui arrive à être partout, en mêlée, au plaquage, à l’arrachage (sur Liana Mikaele-Tu’u !), à la relance, à la passe après contact, et même à la traduction entre l’arbitre et sa capitaine, … il paraît qu’elle a même recalibré les antennes de diffusion et fait le montage du résumé pour World Rugby, il paraît. Et tout ça, sans être jamais décoiffée et donnant l’impression de pouvoir le faire toute la journée ! Las, il n’y en avait qu’une sur le terrain et elle ne lançait pas en touche ni ne sautait pour attraper la balle. Joueuse du match, malgré les maîtresses Jedi en face.

Vous parlez de moi ?
Sa comparse Yliana Brosseau a tenté de l’imiter, mais sans succès. Autant dire que c’est la seule Bordelaise à avoir tenu la barre. Peut-être les autres étaient encore fatiguées d’avoir fêté le titre tout l’été. Mais les Néo-Zélandaises ont apporté la bise et … (il faudrait que je change de référence de temps en temps). Fatigue d’avoir arrosé le titre ou fatigue non encore éliminée d’avoir joué en pleine canicule et d’un été qui a mis les organismes des sportives à rude épreuve. Bref, pas assez d’armes dans l’équipe pour répondre aux coups à répétition d’une équipe qui n’en manque à aucun poste, même avec des remplaçantes habituelles et quelques jeunettes à 2 ou 3 sélections. Et aucun coup n’a été retenu.
Je te vois froncer les sourcils et avoir envie de dire que la fatigue des joueuses est normale avec le calendrier INFERNAL de l’élite 1 Axa. Et je t’arrête tout de suite ! D’abord parce que les joueuses ont enchaîné 18 matchs en championnat et 5 durant le tournoi sur 11 mois, 47 semaines ! Ensuite, parce que de l’autre côté, elles sont 2 à avoir enchaîné après la coupe du monde une pige de 6 mois en PWR, leur championnat des villes et le Super Rugby Aupik des provinces, avec une « finale » contre les gagnantes du Super Rugby Women’s et pour continuer avec 2 matchs de « préparation » contre les équipes nationales d’Australie et d’Afrique du Sud. Et ce sont parmi celles qui nous ont fait le plus mal : Liana Mikaele-Tu’u, malgré le ballon arraché par Assia Khalfaoui et Georgia Ponsonby, qui n’a raté aucune touche et a fait à peu près tout ce que cette même Assia Khalfaoui a fait, sauf la traduction. Il faudrait ajouter Layla Sae, mais elle a pris 8 mois de repos sous prétexte d’un ligament qui aurait laché… Quant à Ruahei Demant, la quatrième, elle avait une légère !
Donc, côté Françaises, si Assia Khalfaoui a été à la hauteur du combat proposé, Léa Champon a surnagé, prenant beaucoup plus la lumière que lors du dernier VI nations, Lili Dezou a montré que le 7 préparait très bien au XV. Et l’autre Léa, Murie, avait réussi à rentrer sur le terrain avec son skate pour déposer les blacks et faire marquer sa copine Pauline Bourdon-Sansus.

Même comme ça, ça ne passe pas.
Qui suis-je pour distribuer des bons et des mauvais points, je n’y connais rien au rugby. Mathilde Lazarko va bouffer du lancer en touche toute la semaine, sauf son épaule en vrac depuis le captain run (c’est pas ça qui va l’arrêter). La deuxième ligne, remplaçante comprise, ne peut pas masquer l’absence de Madoussou Fall-Raclot, même si celle-ci n’a pas (encore) le niveau pour rivaliser contre des équipes de ce calibre. Axelle Berthoumieux était à l’unisson des Bordelaises, Assia Khalfaoui exceptée. Charlotte Escudero n’a pas pesé sur la défense. Pauline Bourdon-Sansus, si elle avait bien toujours son combo du « je pique – je fonce » x « la pénible dont on ne se débarrasse pas », a semblé s’emmêler dans son anglais et son rôle de capitaine. Carla Arbez a surtout fait jouer Carla Arbez. Kelly Arbey était au grattage, pas à courir ballon en main. Et Chloé Jacquet a été stoppée à chaque ballon. Tout cela n’est que ma vision très subjective planquée derrière mon écran. No offense.

La preuve que Jacquet a défendu
Et surtout, cela n’enlève rien au plaisir d’avoir vu un match de rugby plein qui m’a toute chamboulée. Les courses de Mia Anderson ! 3 caps avant de démarrer la préparation, quel bonheur. Sa comparse Elinor-Plum King, moins en lumière. La deuxième ligne Maiakawanakaulani Roos – Laura Bayfield, dans l’ombre complète, sauf un protocole commotion, preuve de leur abattage ! La présence dans la mêlée et dans le jeu de Chryss Viliko et de Veisinia Mahutariki-Fakalelu… L’animation de Maia Joseph et de Hannah King ! La paire de centres Logo-I-Pulotu Lemapu-Atai’i Brunt, dit Sylvia Brunt, et Amy du Plessis !! Les ailes battantes de Justine McGregor et de Mererangi Paul !… Et la flèche noire Braxton Sorensen-McGee, qui n’a rien d’une bleue, malgré ses 9 sélections avant la rencontre contre l’Australie ! Rien que l’écrire me rend toute chose, ravivant une furieuse envie de recommencer… et le run de Léa Murie… et la furia de Lina Queyroi… je jouis encore de tous ces souvenirs.

Mrs Anderson ! Never send a machine to do a human’s job.
Et ce malgré, retour à l’incise, les déclarations d’après match sur la défaite encourageante et que plus on perd contre ce genre d’équipe et plus on se rapproche de la victoire. Théorème Shadoks ! A moins qu’il ne s’agisse encore d’une tactique de lièvre ? Pour Bordeaux, cela marche contre des équipes comme Toulon, Lyon ou Bobigny, sans leur manquer de respect. Mais l’ancien coach des Lionnes devrait s’actualiser, peu de chance que cela fonctionne contre des équipes plus fortes que nous. Si la première partie du raisonnement est vrai, nous apprenons et nous progressons de ce genre de rencontre, même avec une défaite. La seconde est en revanche tout à fait foireuse, nos adversaires aussi progressent, et plus vite encore avec une victoire.

F. Ratier après le match
Et puis, un petit tour sur le site de la FFR… Cela suffit à montrer que la France a réduit ses contrats fédéraux à 21. Sauf erreur. Il semblerait qu’une renégociation à la hausse des salaires ait été acceptée… avec la même enveloppe budgétaire, voire inférieure, et donc, hop ! de 41 à 21 joueuses. Mais je dois me tromper. La dette de la FFR et celle de la France ensemble ne peuvent se renflouer d’un si petit montant ! Et une nation qui fait jouer tambours et trompettes pour annoncer haut et fort qu’elle veut gagner la prochaine coupe du monde, celle de 2029, ne peut sortir du professionnalisme où elle s’était pourtant engagée en pionnière. Quand l’Angleterre continue de progresser dans cette voie avec un championnat professionnel ! Quand la Nouvelle-Zélande et l’Australie ont également pris ce virage en professionnalisant, en plus des internationales, les joueuses du Super Rugby Aupiki et Women’s ! Et nous ? Nous réduirions la voilure ? Peut-être est-ce la vraie lecture qu’il faut faire de l’air gêné de F. Ratier disant que c’est le premier match international depuis longtemps et qu’il ne peut/veut/faut pas en demander plus aux joueuses ! En attendant, les Canadiennes arrivent dans 2 semaines…
Et malgré tous ces shoots d’hormones, et avec tous ces shoots d’hormones, d’avoir vu ces matchs, la même conclusion s’impose : « TOUTES PROFESSIONNELLES ! »

Vivement le prochain épisode ! (message codé à destination des rebelles)



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