Les chroniques sexo d'Ovade

Rugby de filles #ToutesProfessionnelles

La Reine des pirates, ce sera moi !

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Olivia Apps est nommée meilleure joueuse du PWR 2026 – visiblement, elle est émue.

Olivia Apps est donc la meilleure joueuse du meilleur championnat du monde dès sa première année professionnelle ! Mais, avant de commencer cette rubrique, une fois n’est pas coutume, je voudrais dire que je n’y connais rien au rugby et encore moins au rugby féminin. Preuve de mon incurie, j’ai mis Fabiola Forteza parmi les Françaises amatrices dans mon compte-rendu de la finale de l’Elite 1 Axa. Honte sur moi, me prosterner mille fois ne suffira pas à demander pardon. Elle est internationale canadienne ! Amatrice, certes, mais de ces internationales qui espèrent un contrat pro en venant dans l’hexagone, là où se déroule le meilleur championnat du monde©. Sauf que pour les filles, c’est de l’autre côté de la Manche qu’il faut aller trouver le meilleur championnat du monde. Là où Liv Apps est allée, donc, dans le seul championnat professionnel des filles.

Ma découverte du rugby féminin s’est faite récemment en croisant sur son chemin du boulot un coquart sur un visage de fille aux anges. Mais j’en ai déjà parlé. Cela fit sur moi le même effet que quand un mec se casse la gueule de cheval sur un chemin de Syrie à cause d’une insolation… d’un éblouissement… ou d’un truc lié au soleil… ou au ciel. Bref, une révélation. Une conversion ! Définitive. J’arrête là le lien avec un quelconque chemin de Damas, le mec qui nous a laissé cette histoire ne portait pas les femmes en grande estime, et c’est un euphémisme, pour des siècles de dominations guidées par la religion.

Une autre histoire de Damas et de coquart, à moins que…

Mais revenons à Liv et au rugby féminin… avec un petit détour par le growth hacking (tu peux aller sur definitions-marketing.com pour une explication détaillée). En résumé, c’est ce truc utilisé par les entreprises de la tech, à leur démarrage, pour réussir à faire croire aux gogos qui investissent que leur technologie est gratuite, surpuissante et qu’elle va rapporter des milliards. Avant de nous la faire payer en nous refourguant un truc tout juste bon à te faire scroller toute la nuit. Du genre, les réseaux sociaux sont gratuits et sont une avancée humaniste. Ou que l’intelligence artificielle révolutionnera la recherche et nous affranchira définitivement du travail. C’est tellement beau dit comme ça ! Il fallait bien lui donner un nouveau nom. C’est ça le marketing.

Un tech bro lâchant son hack !

Le growth hacking est donc une véritable action de piratage du système, un peu comme les prot’ pour faire croire à ton organisme que tu as du muscle, ce qui peut finir par arriver, des fois. Si tu t’intéresses au Rugby, à ses histoires, à son Histoire, peut-être connais-tu celle des cohortes d’Argentins et des contingents d’Italiens qui avaient peuplé les équipes de Top 14 dans les années 2000. Ces Juan,  Martin, Juan Martin, Augustin, Mario, Sergio, Gonzalo… Aaaaah ! Ouiiiiiii !… j’étais jeune… Eux qui ne bénéficiaient pas d’un championnat professionnel chez eux. Tonton Laporte, il ne faut pas dire parrain, en est encore tout traumatisé de la progression des Argentins, pour avoi été battu 2 fois par ces mêmes Argentins dans SA coupe du monde à lui qui devait le propulser grand Chambellan après avoir été nommé ministre des Sports. Quant à Thomas Lièvremont et Philippe Saint-André, ils gardent un souvenir pénible de la progression des Italiens. Mais revenons aux filles, les garçons ne m’intéressent plus.

Toi qui as réussi à lire jusque-là, peut-être t’étais-tu déjà demandé comment une nation de femmes de bûcheron (propos misogyne sous la plume d’un homme) avait pu battre la France lors du WXV 2024 et finir finaliste de la dernière coupe du monde, celle de 2025. Surtout quand tu sais que leur fédération est totalement fauchée et en avait été réduite à lancer une cagnotte en ligne pour payer les frais du stage de préparation et ceux du séjour en Angleterre. Donc, comment cette nation quasi insignifiante chez tous les spécialistes du rugby avait pu écraser la Nouvelle-Zélande en demi-finale. Ne perdant que devant les Anglaises, bien installées au sommet du rugby mondiale. Tu as connecté tes 2 neurones ? Tu as fait le lien ? Oui, je le sens bien ! Ne change rien ! il y a un truc qui commence à venir.

Attention, la femme de bucheron pense !

Oui ! tu as touché le point sensible ! elles ont piraté le Premiership Women’s Rugby !. Elles sont allées hacker la puissance du PWR. Elles étaient même 11 joueuses à la feuille d’érable sur la feuille de match de la dernière finale du championnat anglais. Et parmi elles, il y avait Liv Apps, qui a donc été élue meilleure joueuse de la saison après avoir été sacrée championne d’Angleterre. Demie de mêlée des Saracens et des filles aux couleurs de l’été indien. Les affaires familiales ne l’obligeaient sans doute pas à devenir professionnelle. La nécessité de progresser en se frottant aux meilleures joueuses de la planète était en revanche évidente. Tu voudras chercher ses highlights sur la toile pour comprendre de qui je parle, un jour peut-être il y en aura, après tout, même un garçon comme François Trinh Duc à les siens, de plusieurs minutes même. Sache qu’Olivia est également la capitaine de l’équipe à 7 du Canada, vice-championne olympique en 2024. Plus de 300 points à son actif. Et elle est vice-championne du monde à XV. Des résultats qui en inspirent plus d’une et quelques-uns.

Photo de joueur inspiré par Liv Apps, se rasant la tête et portant un maillot aux couleurs de Saries.

La morale de cette histoire serait que quand tu n’as pas d’argent chez toi, va te servir chez ceux qui en ont. Piraterie ! Etonnamment bien accueillie au royaume de ceux qui avaient pour principe de pendre les pirates, sans autre forme de procès. Royaume pas en reste de piraterie d’ailleurs qui, en lançant un contre hacking, profite également de cette concurrence de qualité pour continuer son développement et établir encore un peu plus sa domination sans partage sur le rugby mondial.

De ce côté du Channel, la morale est vue différemment. A la manière de celle concluant la fable d’une autre femme de bucheron, Maria Chapdeplomb, interprétant les paroles d’un vieil autochtone, « quand homme blanc couper beaucoup bois, hiver être très rude ». N’est pas Pierre Desproges qui veut, et nos instances du rugby français en filant cette allégorie, ou cette métaphore, en concluent « quand pirate piller ressources, il ne reste plus rien ». Pariant ainsi sur l’appauvrissement de la perfide par cet acte de piraterie des Canadiennes. Bien assis sur leur potentiel callé dans leur fauteuil en cuir, les dirigeants de la FFR parient donc sur le maintien d’un championnat amateur pour les filles. Avoir une équipe nationale professionnelle est largement suffisant pour battre les Anglaises. Parce qu’à chaque fois, ça se joue à rien !

Réaction anglaise à l’analyse de la FFR.

En attendant, le championnat grand-breton cherche une dixième équipe pour avoir 18 journées complètes. Ce serait ballot qu’avec ce coup du sort, ce qu’Aliénor n’a pas réussi à faire, ni avec ses maris, ni avec ses fils, ses lointains descendants finissent enfin par rattacher l’Aquitaine à l’Angleterre. Les Lionnes pourraient ainsi aller se battre au royaume du lion, devenant totalement professionnelles et disputant des matchs contre des adversaires les forçant à progresser. Note qu’il faudrait y voir de la part de l’Albion, une forme de piratage beaucoup plus classique, celle des rapines, histoire de priver de ses meilleures éléments le championnat d’une nation concurrente, le condamnant à la disette.

Heureusement pour nous, nous sommes une vraie nation du tiers 1 du rugby mondial, et nous n’avons pas besoin d’envoyer nos joueuses s’aguerrir auprès d’une nation plus développée. Preuve sera donnée le 26 septembre contre ces Canadiennes pirates lors de la 3ème journée du WXV 2026. Nous avons un vrai championnat, nous ! Et il compte ses 10 équipes, fier de ses clubs. Nous progressons ! lentement… très lentement… trop lentement peut-être à côté des Anglaises et des Canadiennes, qui progressent très très vite. A moins que… TOUTES PROFESSIONNELLES !

En attendant, Liv Apps est bien assise sur son trône de reine des pirates.

(Promis, je chercherai d’autres visages que celui de Tilda Swinton pour illustrer mes prochaines chroniques, promis promis ! Même si elle peut jouer tous les rôles et à tous les postes)

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